Mois : juillet 2013

Les cours du café ont reculé cette semaine

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Les cours du café ont reculé cette semaine à mesure que les craintes que le temps froid n’affecte les plantations de café au Brésil s’estompaient.

« Selon l’institut météorologique brésilien Somar, la vague de froid dans le sud du Brésil n’a pas causé de dommage majeur aux plantations de café les plus au sud », ont rapporté les analystes de Commerzbank.

Les craintes que les caféiers ne soient endommagés par le froid avaient poussé les cours du café à leur plus haut depuis deux mois la semaine dernière. Du coup, le marché « s’est une fois de plus focalisé sur la perspective d’une récolte record pour une année creuse au Brésil – le premier producteur mondial – ce qui devrait peser encore plus sur les prix », a-t-on signalé chez Commerzbank. Le Brésil, à l’origine de 50% de l’offre mondiale de graines de café, attend cette saison une très importante récolte de 48,6 millions de sacs de 60 kilos, à peine moins que la saison dernière (50,8 millions), qui était pourtant une année faste du cycle biennal de culture caféière.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en septembre valait 1935 dollars vendredi à 11h00 GMT, contre 1991 dollars le vendredi précédent.

Sur le NYBoT-ICE à New York, la livre d’arabica pour livraison en septembre valait 123,75 cents, contre 129,15 cents sept jours auparavant.

Source : Romandie.ch

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Le café réduirait les risques de suicide

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Boire plusieurs tasses de café par jour réduirait de près de 50% les risques de suicide. C’est ce qui ressort d’une étude menée par des chercheurs de la Harvard School of Public Health (HSPH), et publiée début juillet dans le World Journal of Biological Psychiatry. Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont examiné les données de trois précédentes études américaines. Ils ont découvert que les risques de suicide chez un adulte buvant deux à quatre tasses de café quotidiennement étaient diminués de moitié par rapport à ceux buvant peu ou pas du tout de café.                                                                                                                                                                                                          La caféine ne se contente pas de stimuler notre système nerveux, elle agit aussi comme un antidépresseur léger en stimulant la production de certains neurotransmetteurs du cerveau : notamment la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Ce qui pourrait aussi expliquer la diminution du risque de dépression chez les buveurs de café. Un lien déjà établi dans de précédentes études.

Vers la redynamisation du secteur café au Burundi

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Constant que la production du café sensiblement diminué ces dernières années, le gouvernement du Burundi songe à sa redynamisation. Le 2ème vice-président de la République, Gervais Rufyikiri a lancé ce jeudi, dans la province Bubanza (ouest du pays) la campagne nationale de taille et de paillage des caféiers.

Le 2ème vice-président a profité de cette occasion pour inviter la population à redoubler d’efforts dans l’entretien des caféiers qui constituent par ailleurs une importante source de devises pour le pays. Il leur a rappelé que pour augmenter la production, il faut se mettre au travail et réserver un moment suffisant pour le café. Il a déploré le fait que certains caféiculteurs n’attachent pas beaucoup d’importance à cette culture.

« La dégradation des sols, le vieillissement des caféiers et le désengagement de la population »,telles sont les principales causes selon lui de la diminution de la production du café. Et pour espérer à une bonne production, Gervais Rufyikiri, 2ème vice-président de la République a invité les caféiculteurs à utiliser des engrais organiques et chimiques. Il leur a recommandé de procéder au renouvellement de leurs caféiers et à ne plus mélanger le café avec d’autres cultures. Selon lui, pour y arriver, il faut une synergie de la population et de l’administration. Il a signalé qu’après ce travail de taille et de paillage, d’autres activités vont suivre comme la pulvérisation.

Même si les cours mondiaux connaissent des fluctuations, le 2ème vice-président de la République demande à la population de ne pas désespérer. Ces changements, a-t-il précisé, ne concernent pas seulement le Burundi.

En ce qui est de la privatisation de ce secteur, il a signalé que c’est une bonne chose s’il est faite de façon consensuelle. Pour lui, il faut un dialogue entre les caféiculteurs et les acheteurs : « Si la privatisation est bien faite, elle peut aider le caféiculteur à améliorer son niveau de vie ».

Etaient présents dans cette activité, le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage et les représentants des associations des caféiculteurs.

Source : Afriqinfos

Le Vietnam rebat les cartes du marché mondial du café

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Le Vietnam est le deuxième producteur et exportateur de café dans le monde.
Le géant Mondelez y voit la tête de pont de son marché en Asie, où la consommation progresse de 4 % par an.


Il fait 30 degrés sur les hauts plateaux de Lam Dong dans le centre sud du Vietnam. A deux heures et demie de route de Hanoi. La chaleur moite envahit les arbres à café, dont les branches retombent en corolles souples chargées de grappes de grains verts. Le Vietnam est le deuxième producteur de café (22 millions de sacs de 60 kilos) dans le monde loin derrière le Brésil (50 millions de sacs), mais il exporte presque autant. Un commerce qui lui rapporte 3 milliards de dollars par an. L’américain Mondelez (ex-Kraft) vient d’y inaugurer le premier centre de formation des planteurs pour se préparer à répondre à la croissance de la demande de café en Asie. Le secteur, en plein essor, est stratégique pour le groupe.
Le marché du café s’est en effet déplacé depuis quelques années et, même si le Brésil demeure de loin le premier producteur mondial, les groupes agroalimentaires savent que c’est en Asie que la consommation va croître. Chaque année, elle augmente de près de 4 % depuis dix ans, alors que, dans les pays matures, elle n’a progressé que de 1,1 %, selon l’OIC (Organisation international du café).
L’enjeu aujourd’hui pour des poids lourds comme Mondelez ou Nestlé est de sécuriser leurs approvisionnements au Vietnam afin d’être en mesure de répondre à l’essor de la demande en Asie. « La consommation de café se développe sans arrêt, mais surtout en Thaïlande, en Corée, en Inde et en Indonésie. Très peu en Chine pour l’instant », explique Victor Gfeller, directeur de la division café de Mondelez pour l’Europe et les pays en développement. « Mais à Shanghai, il se boit déjà autant de tasses de café par an qu’en Europe, alors que les campagnes n’en consomment pas du tout », ajoute Hubert Weber, vice-président de la division café de Mondelez pour le monde. Ce qui laisse augurer la suite.
Au Vietnam, la campagne assoupie déroule mollement ses collines plantées de caféiers, d’arbres à thé et de mûriers pour les vers à soie. La récolte du café est encore loin. Elle ne commencera pas avant le mois de novembre. Les planteurs auront alors deux mois pour cueillir les grains mûrs. A la main pour beaucoup faute des moyens nécessaires pour acheter des machines et avec le secours hypothétique des voisins, eux-mêmes trop occupés. La récolte séchée, les planteurs de café la vendront aux collecteurs. Des personnages clefs dans la longue chaîne de commercialisation de cette production. Soupçonnés d’exploiter les producteurs, ils concentrent toutes les critiques. Ce sont eux qui vendent les engrais aux planteurs, à crédit. Un rapport de force qui leur permet de fixer le prix de la récolte, qu’ils livrent aux traders comme Ecom. Ceux-ci exportent ensuite vers les usines de Nestlé ou de Mondelez-Kraft, les plus gros acheteurs de café au Vietnam.
Aujourd’hui, les producteurs sont plutôt contents. Ils ont pu refaire en partie la trésorerie mise à mal par l’effondrement des cours, tombés de 3 dollars la livre en 2011 à 1,30 dollars en 2012. Le café est une matière première hautement spéculative. « Un jour certains sont millionnaires, le lendemain ils peuvent n’avoir plus rien », dit Trinh Xuân Thâu, un collecteur de la région. Lui ne joue pas à ce jeu-là. Ce qu’on appelle « le café papier », celui qu’on n’a pas encore acheté mais déjà revendu, est bien trop dangereux à son goût.

Spéculation et combines
Le café donne lieu à toutes sortes de pratiques douteuses. Stéphane Mahieu, le directeur de l’usine d’ Ecom à Lam Dong, incrimine volontiers les collecteurs. « Criblés de dettes et au bord de la faillite pour certains », ils n’hésitent pas à ajouter toutes sortes d’éléments indésirables dans les sacs qu’ils livrent à l’usine. Cela va des grains cassés, noirs, ou minuscules dans les cas les plus anodins aux boulons utilisés pour lester les sacs. Et ainsi à gonfler la facture. La poussière aussi est un facteur pondéreux. « Nous en avons éliminé 70 tonnes hier sur un chargement de 30.000 tonnes », dit le directeur de l’usine, qui nettoie, trie par lots et met en sacs prêts à exporter. Le café n’est jamais torréfié à ce stade, car il ne se garderait pas. Les grains sont expédiés verts aux industriels (Nestlé ou Mondelez) qui, eux, en revanche se chargent de la torréfaction.

Source : Marie-Josée Cougard, Les Echos

Café : le robusta, nouveau rival de l’arabica

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L’essor des dosettes et de la demande de café soluble tire les ventes du robusta. Ce dernier rattrape l’arabica, historiquement plus prisé.

Longtemps considéré comme le café par excellence, l’arabica (55 % de la production) cède peu à peu du terrain au robusta (45 %), redessinant la carte de la production mondiale. C’est ainsi que le Vietnam s’est hissé depuis dix ans au deuxième rang, doublant le géant éthiopien et les pays d’Amérique centrale tels la Colombie, le Honduras ou le Guatemala.
A cette nouvelle donne, plusieurs raisons et en particulier les records de prix atteints récemment par l’arabica au Brésil, qui poussent les torréfacteurs à choisir des variétés moins onéreuses. « Passé un certain niveau de cours, la distribution n’accepte plus de répercuter les hausses au consommateur », explique Hubert Weber, le patron de la division café de Mondelez. Le robusta est plus résistant aux maladies et requiert moins de traitements chimiques, ce qui abaisse d’autant son coût de production.
Une demande qui se corse
Mi-2011, l’arabica cotait plus de 304 cents la livre à la Bourse de New York, se rapprochant dangereusement du record historique de 1997 à près de 315 cents, souligne l’édition 2013 de « Cyclope », consacrée aux marchés mondiaux. Résultat, beaucoup de torréfacteurs ont modifié leurs habitudes, et acheté du robusta pour faire leurs mélanges à moindre coût.
Début 2012, les importations nord-américaines de robusta ont bondi de 80 %, tandis que les achats d’arabica chutaient d’un tiers en volume. Depuis, sous l’effet de la baisse des cours de l’arabica, les exportations ont repris, gagnant 4,6 % sur un an à fin mai 2013, mais la croissance du robusta a atteint 14 %, selon l’Organisation internationale du café (OIC).
L’abondance des stocks d’arabica au Brésil pourrait rééquilibrer le marché au profit de cette variété. Mais les experts pensent que « même si l’arabica devait durablement baisser, la demande en robusta demeurerait soutenue en raison de l’essor de la demande de soluble, essentiellement fabriqué à partir de robusta, en Russie et en Asie ». Depuis dix ans, les exportations de café soluble ont progressé de 7,5 % par an, selon « Cyclope ».
A cela s’ajoute le fait que la consommation de robusta augmente fortement dans les pays amateurs. En 2011, celle-ci a fait un bond de 22 % au Vietnam, de 9 % aux Philippines et de 8 % en Corée du Sud, précise l’OIC. Même l’essor des dosettes profite au robusta. « C’est le robusta qui fait la crème sur le café expresso et c’est avec le robusta qu’on corse les saveurs », explique Hubert Weber, le patron de la division café de Mondelez.

Source : Les Échos, Marie-Josée Cougard

La relance du café colombien tire les prix à la baisse

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Le programme de relance de la filière colombienne du café, initié suite aux dégâts provoqués il y a cinq ans par la rouille, commence à porter ses fruits. 4,9 millions de sacs de soixante kilos ont été produits au cours des six premiers mois de l’année, soit le niveau le plus élevé depuis 2007, avant l’arrivée du champignon La Roya. Au cours de la même période, les exportations du quatrième producteur mondial ont atteint 4,3 millions de sacs, en progression de 28 % par rapport au premier semestre 2012. La Fédération nationale des producteurs de café de Colombie explique ces performances par les effets du renouvellement du parc de caféiers, volet principal d’un programme de 1,4 milliard de dollars comprenant également des actions de formation. En deux ans, le niveau d’infection par la rouille est passé de 33,4 % à 5,4 % du parc. Les variétés résistantes à la rouille constituent 57 % des plantations, contre 30 % en 2008. Les producteurs bénéficient par ailleurs de subventions gouvernementales en recevant 80 dollars par sac de 125 kilos pour combler en partie la différence entre des coûts de production de 350 dollars en moyenne et des prix de vente à 250 dollars.

Une chute des prix supérieure à 10 %

Cette reprise pourrait peser sur les prix du café. Compte tenu d’un surplus de production attendu pour la campagne 2013-2014 par l’Organisation internationale du café, Goldman Sachs a revu à la baisse ses prévisions de prix. Les sacs atteindraient 130 cents par livre dans trois mois. Cet excédent de production « amènerait les stocks à leur plus haut niveau en cinq ans », justifie la banque. La production colombienne pourrait y concourir à hauteur de 1,5 million de sacs, indique Christopher Narayanan, analyste à la Société Générale. « Ceci implique le risque d’une baisse de plus de 10 % des prix par rapport à nos prévisions actuelles », explique-t-il.

Source : L’usine nouvelle

La relance de la filière café boostera l’économie d’Haïti

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En Haïti, quelque 200 000 familles tirent une bonne partie de leur subsistance de la filière café. En plus d’avoir un effet bénéfique pour la protection de la couverture forestière du pays, la production de café constitue le moteur d’une des seules productions nationales dirigées vers l’exportation. Mais l’inaction de l’État, couplée aux cataclysmes naturels et aux maladies, paralyse le secteur. 022Des représentants de coopératives et d’associations de planteurs se sont réunis récemment à dans les locaux de la Coopérative des planteurs de café de l’arrondissement de Belle Anse, à Thiotte, pour discuter des problèmes du secteur caféier en Haïti. Tout en rendant hommage à la mémoire de Frito Mérisier, alias Frito Café qui a milité jusqu’à sa mort l’an dernier pour le développement de la filière, une bonne centaine de producteurs ont discuté des multiples difficultés auxquelles ils font face.

Le café a historiquement soutenu les familles haïtiennes et a permis d’éponger la double dette de l’Indépendance. Actuellement, on estime qu’environ 200 000 familles vivent de la production du café en Haïti. Mais depuis les années 50, la production chute. Jusque vers les années 1980-1990, la livre de café se vendait entre 1,25 gourde et 2 gourdes. Cette faiblesse des prix, tant sur le marché local que mondial, a découragé les grands exportateurs. Ne trouvant plus à vendre leur production, nombre de petits producteurs ont, du coup, abattu leurs caféiers au profit d’autres cultures plus rentables.
La zone du Morne des Commissaires (Savane Zombi) par exemple, qui était jadis réputée pour son café de très bonne qualité, n’en produit plus.  » Si rien ne change, j’ai bien peur que Thiotte, qui est actuellement l’une des plus grandes zones de production, finira par importer du café » soupire l’agronome Laurent Saint Victor.
Haïti produit pourtant l’un des cafés les plus prisés dans le monde, surtout exporté vers les États-Unis, le Canada, le Japon et l’Italie. Mais l’essentiel de la production prend le chemin de la République dominicaine. En fait, les spécialistes estiment que 80% du café haïtien passe la frontière – souvent illégalement – pour être vendu sous des labels dominicains. »Pourtant, c’est un secteur porteur, estime l’agronome Jean Marc Vital, responsable du Bureau de promotion du développement rural. Le problème, c’est que les Dominicains arrivent à contrôler la production, provoquant par moments un dumping sur le marché qui sape les efforts des coopératives et des organisations de producteurs en Haïti. »

Ces dernières se débattent comme des diables dans l’eau bénite pour maintenir le secteur en vie. Sans trop de support de l’État, elles tentent à la mesure de leurs moyens d’insuffler un nouvel élan à la filière, pour le plus grand bien de tous. 600 000 plants sont ainsi mis en terre chaque année pour régénérer les plantations et, à terme, augmenter d’autant la production. Actuellement, le producteur touche 50 gourdes pour une marmite de cerises de café de cinq livres. Haïti exporte chaque année de 10 à 12 conteneurs sur les marchés formels, pour quelque 100 000 dollars US par conteneur.
Mais la commercialisation n’est pas le seul problème auquel est confrontée la filière. Depuis le début des années 2000, un petit insecte en apparence inoffensif fait de terribles ravages. Dans certaines zones de production, le scolyte a décimé plus de 60% de la production. Cet insecte qui assaille les caféiers s’attaque aux cerises et les rend inaptes à la consommation.
« Il n’existe pas d’insecticide contre le scolyte, explique Lucso Mérisier, un jeune planteur de Thiotte. La meilleure technique jusqu’ici est de tremper les cerises affectées dans un bain d’eau chaude pour tuer les scolytes femelles. Cette technique n’éradique pas les insectes, elle ne fait que circonscrire le problème mais c’est mieux que rien. Toutefois, nombreux sont les planteurs qui ne la connaissent pas, à cause du manque de vulgarisation. »022Certaines espèces de caféiers résistent au scolyte mais, faute de recherches dans la filière, il n’existe aucune étude qui puisse conseiller les planteurs. Le problème est d’autant plus aigu qu’une autre maladie menace la culture, aussi dangereuse celle-là. La rouille, maladie foliaire provoquée par le champignon Hemileia vastatrix, gangrène en effet de plus en plus les caféiers.
Sans parler des cyclones qui constituent une menace récurrente – ainsi, en 2012, les tempêtes Cindy et Isaac ont détruit une bonne partie des récoltes –, d’autres difficultés, de nature économique et financière, assaillent la filière. À 900 gourdes le sac, le prix exorbitant de l’engrais ne permet pas au paysan d’augmenter sa production. Sans parler de l’accès au crédit qui pose problème. Le producteur qui, voulant moderniser sa production, s’adresse aux institutions de crédit se voit imposer des conditions absolument déraisonnables : 18% de frais d’intérêt, 20% de collatéral et 3% pour les frais de dossier.
« C’est un système de crédit conçu pour endetter continuellement le producteur, dénonce l’agronome Laurent Victor. Les taux d’intérêt ne devraient pas excéder 3% parce que nous produisons pour le pays. Et le délai de grâce devrait être de cinq ans au minimum. »
Au ministère de l’Agriculture, le Bureau du crédit agricole (BCA) n’accorde annuellement qu’un infinitésimal 15 millions de gourdes pour l’ensemble des activités agricoles du pays, alors que l’offre de crédit des institutions de micro-finance ne s’élève qu’à 90 millions de gourdes. Une misère dans un pays de plus de 10 millions d’habitants, où la moitié de la population habite en zone rurale…
L’identification des producteurs de café pose aussi problème. Combien au juste y a-t-il de planteurs de café? Combien sont-ils au sein des organisations et associations? Autant de questions qui demeurent sans réponse. Mais ce ne sont pas les seules. De nombreux choix techniques restent à faire : quelles espèces de caféiers faut-il développer ? Comment s’y prendre pour régénérer les plantations ? Quelle distance faut-il respecter entre deux plants de caféier pour obtenir un maximum de rendement ? Etc.
Ces vieilles questions ont porté les acteurs à créer l’Institut national du café haïtien (INCAH). L’organisme, qui dépend du ministère de l’Agriculture, a pour but de dynamiser la production et d’améliorer les conditions de vie des gens impliqués dans la filière. L’INCAH dispose d’une structure administrative de 21 membres représentant les différents acteurs de la filière (planteurs, torréfacteurs, exportateurs, etc.) et le ministre de l’Agriculture est d’office président du conseil d’administration.
« L’INCAH est un produit de la bataille que des producteurs ont engagée depuis longtemps, soutient St Vil Lavalette, membre coordonnateur de la Plateforme nationale des producteurs de café haïtien(PNPCH), laquelle reçoit l’aide du Programme de coopération volontaire du Canada. Il s’agissait de mettre de l’ordre dans le secteur en créant une plateforme, un espace de dialogue, de plaidoyer et de revendication pour les planteurs. »

020St Vil Lavalette se désole de constater la lenteur des progrès. ‘’Dans tous les discours, on parle de la relance de l ‘agriculture alors qu’on néglige la filière café, dit-il. À la PNPCH, nous croyons qu’avec la filière café, on peut résoudre un bon nombre de problèmes qui minent notre pays comme le chômage, l’insécurité alimentaire, l‘exode rural et la déforestation.’’
Dix ans après sa fondation, l’INCAH ne dispose toujours pas de loi cadre et n’émarge pas au budget de l’État, les arriérés de salaire de ses employés remontant parfois à dix mois… Un fonds café devait aussi être créé mais n’a jamais vu le jour. « Pas de moyens, pas de volonté », expliquent des producteurs.
Mais que faire quand la baisse de la production d’une filière qui, en d’autres pays est pourtant prometteuse, engendre paupérisation des familles, exode rural et déboisement?
A cette question, plusieurs solutions sont proposées, toutes tournées vers l’État haïtien. L’ancien sénateur du Sud-Est et actuel conseiller du président Martelly, Joseph Lambert, qui s’était invité à la rencontre des producteurs de Belle Anse, a été incapable de répondre à la question toute simple du responsable de la PNPCH, qui lui demandait quelle place le gouvernement réservait à la filière café. Entouré de partisans bruyants arborant chacun un T-shirt estampillé de slogans électoraux, il a promis d’apporter les revendications des planteurs aux oreilles du chef de l’État. L’ex-sénateur en a fâché plus d’un en reconnaissant publiquement qu’il ne connaissait pas vraiment les réalités de la filière, bien qu’il ait été sénateur représentant la région. Des propos bien mal accueillis par l’assemblée : « Lorsqu’il était sénateur, il ne parlait jamais de production de café, a craché un planteur. Maintenant qu’il est en campagne, il se prétend le porte-parole de la filière.… »
« Lambert n’est pas un progressiste, il a beaucoup menti aux paysans, on ne le croit plus », a soutenu un autre, pendant que l’ancien sénateur se précipitait pour quitter la ville avec ses partisans…
Si les solutions dépendent en partie de l’État, les dizaines de coopératives et d’associations qui constituent la Plateforme nationale des producteurs de café haïtien tentent depuis 15 ans de faire en sorte que les producteurs caféiers poussent tous ensemble dans la même direction. ‘’’ Cet espace de plaidoyer mené par la PNPCH est primordial, estime l’avocate québécoise Yolaine Rouleau, qui appuie l’organisme dans le cadre du Programme de coopération volontaire(PCV). Car les programmes actuels de renforcement de la filière ne règlent pas le problème de baisse de production du café. Les producteurs en sont conscients. La PNPCH bénéficie d’une immense force de mobilisation et de réseautage qui peut faire la différence. Mais elle doit également être impliquée dans la mise en place d’une politique de régénération caféière qui favorisera aussi la reforestation.’’
Mais les choix budgétaires de l’État reflètent, eux, d’autres priorités, bien que le président Martelly ait décrété 2013 Année de l’environnement. Or, la filière café s’est révélée fort efficace en matière de préservation de la couverture végétale dans les grandes régions productrices. Il suffit de se promener à Bonbon, Corail, Pestel, Baptiste, Thiotte et Anse-à-Pitre pour constater à quel point café et forêt font bon ménage. Non seulement la filière café possède le potentiel pour régénérer l’environnement, elle peut aussi booster l’économie du pays, notamment dans les zones rurales, en donnant du travail à des milliers de jeunes. Qui dit mieux ?

Ralph Thomassin Joseph
ralphthjo@gmail.com

Source : Le Nouvelliste