Filière café : l’urgence s’impose

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Un technicien de la ferme d'État de Baptiste montre un piège très efficace fabriqué sur place et servant à la lutte contre le scolyte, un insecte qui ravage les plantations de café.
Un technicien de la ferme d’État de Baptiste montre un piège très efficace fabriqué sur place et servant à la lutte contre le scolyte, un insecte qui ravage les plantations de café.

L’épidémie de la rouille qui fait rage dans les plantations de café et la nécessité de procéder à la relance de la production du café ont contraint les différentes parties prenantes de cette filière à se réunir, ce jeudi 18 juillet, à la salle de conférence de l’Institut national du café d’Haïti (INCAH) autour d’une même table pour envisager des solutions. Les résolutions prises à l’issue de cette rencontre seront acheminées au gouvernement dans les meilleurs délais.

Lits de germination de variétés de café résistantes à la rouille à la ferme d'État de Baptiste, dans le Plateau central
Lits de germination de variétés de café résistantes à la rouille à la ferme d’État de Baptiste, dans le Plateau central

Gestion de la rouille orangée, relance de la culture du café, financement de la filière café et gouvernance de la filière café ont été l’ensemble des thèmes abordés lors de cette rencontre qui a réuni presque tous les acteurs de la fillière. Chacun de ces thèmes a fait l’objet de travaux en atelier. Plusieurs questions ont été soulevées et débattues: Quelle stratégie adopter pour relancer la filière café ? Comment gérer le problème de la rouille orangée ? Où trouver de financement pour dynamiser la filière café ?

Plusieurs éléments de réponse ont été avancés. A travers eux, les participants ont surtout tenu compte d’un aspect à ne pas négliger : l’urgence. Il y a urgence avec cette épidémie de rouille et un état des lieux de la filière café va le confirmer. « Le café national est tombé depuis la fin des années 80 dans un long déclin. Le verger caféier est passé de 171 000 hectares en 1950 à 100 000 actuellement. Ainsi, la production annuelle ne cesse de diminuer et est tombé aujourd’uit autour de 500 000 sacs de 60 kilogrammes. Dans le passé, la production variait autour de 633 000 sacs en 1950, 740 000 sacs en 1955 et 660 000 sacs en 1973. Les volumes de café exportés tournent dans le même sens. De 580 000 sacs en 1956 à moins de 100 000 à partir de l’an 2000 pour chuter actuellement au niveau le plus bas (30 000 sacs). 70% des caféiers atteignent la vieillesse à plus de 20 ans. L’inaccessibilité des zones à fort potentiel pour la culture du café sans passer sous silence la présence de ravageurs et de maladies dont le scolyte, la rouille, les pourridiés », tel est brièvement un état des lieux de la filière café, communiqué par l’agronome Jobert Angrand, coordonnateur exécutif de l’Institut national du café d’Haïti (INCAH).

A cette rencontre, le gouvernement a été représenté par le secrétaire d’Etat à la Relance agricole; Vernet Joseph, qui a pris en compte la question de savoir quel mécanisme de réponse rapide il faut pour s’attaquer à l’ensemble des problèmes de la filière café. « Nous sommes en face d’une situation exceptionnelle, a fait savoir Vernet Joseph, secrétaire d’Etat à la Relance agricole. Car nous sommes en train d’aborder une problématique qui menace l’existence même de notre économie. Ainsi, nous parlons du café et plus précisément de cette épidémie qui menace de saper cette production sur laquelle reposent plusieurs secteurs. Tout le monde est conscient du rôle que joue le café dans l’assiette économique de ces producteurs et dans l’assiette économique du pays tout entier. »

Au cours des débats, les différentes parties prenantes de la filière café se sont mises d’accord sur quelques points relatifs à la gestion de la rouille et à la relance de la filière café. « Il faut un mécanisme de réponse rapide à la rouille et non pas un programme d’urgence limité dans le temps. Pour ce qui est de la relance, il faut avoir un plan stratégique allant sur une ou deux décades, une idée précise sur le volume à atteindre et le budget qu’il faut. Elles sont aussi d’accord pour une meilleure alimentation du fonds national du café », ont-elles admis. En ce qui a trait à la recherche de sources de financement, elles s’opposent à l’idée d’aller chercher de financement auprès de l’entreprise dominicaine Induban café.
Le Nouvelliste | Publié le :18 juillet 2013 Gérard JEANTY Junior Jounty003@yahoo.fr

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