Café : le robusta, nouveau rival de l’arabica

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L’essor des dosettes et de la demande de café soluble tire les ventes du robusta. Ce dernier rattrape l’arabica, historiquement plus prisé.

Longtemps considéré comme le café par excellence, l’arabica (55 % de la production) cède peu à peu du terrain au robusta (45 %), redessinant la carte de la production mondiale. C’est ainsi que le Vietnam s’est hissé depuis dix ans au deuxième rang, doublant le géant éthiopien et les pays d’Amérique centrale tels la Colombie, le Honduras ou le Guatemala.
A cette nouvelle donne, plusieurs raisons et en particulier les records de prix atteints récemment par l’arabica au Brésil, qui poussent les torréfacteurs à choisir des variétés moins onéreuses. « Passé un certain niveau de cours, la distribution n’accepte plus de répercuter les hausses au consommateur », explique Hubert Weber, le patron de la division café de Mondelez. Le robusta est plus résistant aux maladies et requiert moins de traitements chimiques, ce qui abaisse d’autant son coût de production.
Une demande qui se corse
Mi-2011, l’arabica cotait plus de 304 cents la livre à la Bourse de New York, se rapprochant dangereusement du record historique de 1997 à près de 315 cents, souligne l’édition 2013 de « Cyclope », consacrée aux marchés mondiaux. Résultat, beaucoup de torréfacteurs ont modifié leurs habitudes, et acheté du robusta pour faire leurs mélanges à moindre coût.
Début 2012, les importations nord-américaines de robusta ont bondi de 80 %, tandis que les achats d’arabica chutaient d’un tiers en volume. Depuis, sous l’effet de la baisse des cours de l’arabica, les exportations ont repris, gagnant 4,6 % sur un an à fin mai 2013, mais la croissance du robusta a atteint 14 %, selon l’Organisation internationale du café (OIC).
L’abondance des stocks d’arabica au Brésil pourrait rééquilibrer le marché au profit de cette variété. Mais les experts pensent que « même si l’arabica devait durablement baisser, la demande en robusta demeurerait soutenue en raison de l’essor de la demande de soluble, essentiellement fabriqué à partir de robusta, en Russie et en Asie ». Depuis dix ans, les exportations de café soluble ont progressé de 7,5 % par an, selon « Cyclope ».
A cela s’ajoute le fait que la consommation de robusta augmente fortement dans les pays amateurs. En 2011, celle-ci a fait un bond de 22 % au Vietnam, de 9 % aux Philippines et de 8 % en Corée du Sud, précise l’OIC. Même l’essor des dosettes profite au robusta. « C’est le robusta qui fait la crème sur le café expresso et c’est avec le robusta qu’on corse les saveurs », explique Hubert Weber, le patron de la division café de Mondelez.

Source : Les Échos, Marie-Josée Cougard

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