Mois : décembre 2013

Encourager Haïti, une tasse à la fois

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Haïti compte 200 000 producteurs de café. Afin de les encourager à se regrouper sous forme de coopératives, l’Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies (AQANU) Granby et région vend du café haïtien et retourne le profit de ses ventes dans ce pays secoué par les tragédies. Elle s’est aussi liée avec la coopérative nOula, qui a initié une base de données pour répertorier les producteurs dans le but qu’ils créent des réseaux avec des acheteurs internationaux.

© Caroline Boisclair

Clément Roy, Marie-Thérèse St-Julien, Pierre Boisclair, Jean-Christophe Stefanovitch, de nOula, Germain Touchette, Pierrette Ruel et Jacques Lacoste, bénévoles d’AQANU Granby et région, invitent la population à acheter du café d’Haïti.

La première phase de ce répertoire de la filière café haïtienne permettra de faciliter la communication des producteurs entre eux et avec les acheteurs nationaux.

Il a été dévoilé le 29 novembre à Thiotte, en Haïti, lors d’un événement organisé par Kore Kafe, un programme d’appui à la relance de la filière café.

Actuellement, 25 000 producteurs sont organisés.

«nOula importe le café d’Haïti au Québec, transforme et distribue le café depuis 2006. Là-bas, les terres sont fertiles et productives, et il ne manque que des liens économiques et humains pour que leurs produits soient distribués de manière équitable. Ce n’est pas de la charité, ni de l’aide humanitaire : c’est du commerce», explique le président de nOula, Jean-Christophe Stefanovitch, qui était de passage à Granby lundi.

«Notre vision, c’est que cet argent vient d’eux et qu’il y retourne pour le développement durable», enchaîne le coordonnateur d’AQANU Granby et région, Pierre Boisclair.

L’organisme local a choisi de se lier à cette cause parce qu’il croit que le mouvement coopératif est un moyen efficace pour sortir les paysans haïtiens de l’isolement et de la pauvreté.

L’île d’Haïti est composée à 80% de montagnes, où le café pousse.

«Il n’y a pas de route pour se rendre, et les conditions dans lesquelles se trouvent ces gens-là, à cinq, six heures de marche, sont très difficiles. Ils sont isolés, souvent analphabètes, et ils effectuent un travail colossal», explique M Stefanovitch.

«Ce pays est complètement dévasté. On parle de moins de 4% de bois restant. Le café vaut plus cher que le charbon de bois !», illustre Pierre Boisclair.

Un achat aux multiples bienfaits

Depuis deux ans, AQANU Granby et région achète le café «vert» torréfié par nOula en sac de 120 livres.

Il l’achemine à l’atelier du CRDI-Montérégie Est (Centre de réadaptation en déficience intellectuelle), où le café est moulu et ensaché selon les commandes.

Les vendeurs sont les membres de l’AQANU, qui distribuent bénévolement le café auprès des acheteurs.

Chaque sac d’une livre coûte environ 10$ à produire, et il se détaille 15$.

Chaque 5$ est envoyé directement en Haïti.

«C’est une vraie solidarité internationale que de relancer la filière agricole avec un partenaire d’égal à égal», fait valoir Jean-Christophe Stefanovitch.

«Acheter notre café, c’est aussi partager une vision du développement afin de donner du travail, de se prendre en main et de se responsabiliser. Nous devenons tous un des chaînons du développement durable en Haïti. C’est un choix économique, politique et humain», souligne Pierre Boisclair, qui affirme fièrement avoir reçu un chèque de 2000$ du groupe Arcade Fire, très sensible à cette cause.

Pour se procurer du café d’Haïti, il suffit de passer sa commande à l’AQANU Granby et région par courriel (aqanugranby@gmail.com) ou en téléphonant à l’un des membres (la liste est disponible sur leur page au www.aqanu.org)

SOURCE: journalleguide.com

Le café, le marché de l’éternel surplus ?

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Connaissez-vous le “pacte du café” ?

Il ne s’agit ni d’une alliance des grands producteurs, ni d’un complot des torréfacteurs et encore moins d’un monopole des producteurs de petits biscuits au chocolat devenus aussi indispensables désormais à une tasse de café qu’un bonnet rouge à un Breton.

Le “pacte du café” est tout simplement une subvention, demandée par les agriculteurs brésiliens ce mois-ci. Leurs revendications sont on ne peut plus simple : le gouvernement doit apporter une aide à l’exportation de café, et faciliter le remboursement de la dette des producteurs.

La situation des agriculteurs brésiliens est effectivement devenue critique ces derniers mois. Si depuis 2011, le prix du sac de café est en chute libre la situation est particulièrement grave cette année pour le Brésil car les prix de l’arabica ont chuté bien plus violemment que ceux du robusta.

Prix indicatif composé quotidien de l’OIC
(Moyennes mensuelles : janvier 2000 à octobre 2013)

Prix indicatif composé quotidien de l'OIC

Toutefois dans le cas du Brésil, le gouvernement pourrait être obligé de s’investir pour de nombreuses années sur ce marché car pour l’instant peu d’analystes se risquent à pronostiquer un redressement des cours dans les mois à venir.

Un marché en “crise” depuis 10 ans
L’Organisation du marché du café parle d’une “crise du café” depuis à peu près 10 ans. La première phase s’est traduite par une envolée fulgurante des prix du sac de café, qui a pris à la gorge les torréfacteurs. En quelques années le prix a été multiplié par 4 ou 5. Depuis deux ans, le marché est entré dans une nouvelle phase de crise : les prix ont entamé une décrue.

Bien entendu le marché des matières premières est cyclique, et on pourrait attendre du marché qu’il se redresse rapidement à l’avenir. Mais non content d’être la matière la plus baissière depuis deux ans, le café devrait poursuivre sa chute encore quelque temps. C’est particulièrement le cas pour l’arabica, la qualité la plus chère du café.

La roya, la rouille impuissante
Signe de la confiance des investisseurs, le marché de l’arabica est resté une nouvelle fois insensible devant l’extension cette année de la roya, ou “rouille” en espagnole. Il s’agit d’une maladie qui s’attaque aux plants de café, en pleine recrudescente du fait du réchauffement climatique.

Partie de Colombie en 2011, cette maladie s’est étendue à l’Amérique centrale. En début d’année, le Costa Rica a déclaré l’état d’urgence face à la menace que faisait peser la “rouille de café” sur sa production. Malgré cette agitation le marché de l’arabica est resté d’un calme olympien. D’ailleurs, depuis janvier les cours ont continué de chuter. En cause, les investisseurs savent que la surproduction pourrait perdurer encore longtemps.

Le Brésil, le premier producteur d’arabica au monde, avait déjà contribué à plomber les prix du café l’année dernière en sortant un record historique de production à 50,8 millions de sacs sur la récolte 2012, sur une production mondiale de 134,4 millions de sacs de 60 kilos (Ms). Et cette année, elle devrait être comprise entre 47 et 50,2 millions selon le dernier rapport Cyclope.

[NDLR : La surproduction brésilienne n’a pas touché le seul café. Cette année j’ai recommandé dans Matières à Profits de rentrer sur le marché d’une matière première dont les prix ont perdu 40% depuis leur pic de juillet 2011. Cette chute brutale a également profité aux industriels qui la consomment. Le titre recommandé a déjà pris 10% depuis le début de l’année. Retrouvez plus de détails dans Matières à Profits]

Mon conseil
La flambée des prix de 2011 avait amené les consommateurs d’arabica à se tourner vers l’arabica, moins cher. Avec la baisse brutale de l’arabica cette année, ce type de café pourrait faire son grand retour. Toutefois la production va rester abondante au moins jusqu’en 2014. Et de toute façon, ce sont désormais les pays émergents qui tirent la consommation de café. Or ceux-ci consomment avant tout du robusta.

C’est pourquoi les opportunités d’investissements sur le marché du café concernent soit les torréfacteurs, qui profitent de la baisse des prix, soit les producteurs de robusta.

Bon investissement

SOURCE: http://edito-matieres-premieres.fr

L’excès de café nuit au marché

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Aucune difficulté météorologique n’étant venue raréfier les grains, les récoltes sont très bonnes.

 

On ne sait plus où mettre les sacs – de 60 kilos – de café. Les récoltes sont désespérément excellentes. Pas de gelées au Brésil. Pas de sécheresse auVietnam cette année.

Les investisseurs – alias les spéculateurs – comptaient sur le typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines pour réduire la production des caféiers vietnamiens. Raté : le déluge philippin s’est mué sur l’Indochine en pluies banalement tropicales, et le café vietnamien va très bien, merci.

Il ne faut pas chercher plus loin la cause de la longue glissade des cours des deuxmatières premières de nos « petits noirs », le noble arabica et le plébéien robusta. A New York, vendredi 15 novembre, la livre d’arabica a coté à 105,75 cents US (0,78 euro) contre 156,30 cents le 18 janvier, soit un recul de quelque 34 % en dix mois.

Dégoûtée, la spéculation s’est retirée du jeu. Désormais, c’est le rapport de l’offre et de la demande qui fait le prix et, aucune difficulté météorologique n’étant venueraréfier les grains, la production a surclassé la consommation.

CERTAINS PENSENT À STOCKER POUR FAIRE REMONTER LES COURS

« Lors de la dernière campagne, on a consommé 260 millions de sacs, mais on en a produit 310 millions, explique Jérôme Jourquin, spécialiste des matières premières agricoles chez Aurel BGC. En 2008-2009, le rapport était inversé. Pas étonnant que les stocks montent : ils représentent 35 % de la consommation annuelle, contre 30 % il y a quatre ans. »

Alertés par leurs planteurs, certains gouvernements étudient la possibilité destocker les sacs pour faire remonter les cours. Voici que le quotidien vietnamienThoi Bao Kinh te Saigon nous informe, le 13 novembre, que le ministre de l’agriculture propose de stocker 200 000 à 300 000 tonnes de la récolte 2013-2014 de robusta.

Cela fait sourire Jérôme Jourquin car, dit-il, « toutes les tentatives de rétention ont échoué à faire monter les prix. Elles ont pour effet d’augmenter encore les stocks et les marchés savent pertinemment qu’il faudra bien les vendre un jour ».

Que dit le marc de café ? Il dit aux experts que l’on se rapproche d’un point bas. « Celui-ci est estimé à un dollar pour la livre d’arabica et nous en sommes à 1,06 en moyenne, et à 1 300 dollars pour la tonne de robusta et nous en sommes à 1 460 en moyenne », précise Jérôme Jourquin. La fin de la baisse serait donc pour bientôt.

IL NE FAUT PAS RÊVER

Deux phénomènes pourraient accélérer la reprise. D’abord, le fait que l’Asie se mette à boire du café comme elle s’est mise frénétiquement à consommer du chocolat. Mais il ne faut pas rêver : le premier producteur mondial de robusta, le Vietnam, ne consomme pas sa propre production et demeure maniaque du thé.

Faute d’une révolution des habitudes alimentaires, il ne reste plus qu’à comptersur un événement météorologique suffisamment catastrophique pour enclencherune pression à la hausse des prix. Là encore, il ne faut pas rêver, car les prochaines gelées dans l’hémisphère Sud n’auront pas lieu avant le mois de juillet et les prochains typhons en Asie avant un an.

Une très bonne nouvelle pour la chaîne Starbucks Coffee, qui a profité d’un café meilleur marché pour améliorer sa marge bénéficiaire de 16,3 % en 2013.

SOURCE: http://www.lemonde.fr

Le café haïtien catalogué pour mieux être représenté sur le marché international

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Désormais, les acteurs œuvrant dans la filière café en Haïti connaissent les caractéristiques de leur produit privilégié considéré comme la perle noire de la Caraïbe. Ainsi, ils sont en mesure d’aller à la recherche du meilleur prix sur le marché international. Les caractéristiques décelées par huit dégustateurs venus des quatre coins du monde, liées à la région et à l’altitude d’où provient le café ont été communiqué lors d’un forum. 
Les dégustateurs lors de l’étape organoleptique de la classification 
Dans les locaux de la Coopération des coopératives des planteurs de café de l’arrondissement de Belle-Anse (COOPCAB), à Thiotte, les dégustateurs portant chacun un tablier travaillent dans l’après-midi du jeudi 28 novembre. Ils font une évaluation organoleptique de plusieurs échantillons de café. Dans un petit laboratoire, ils se laissent guider par leur flair pour sentir les finesses du café haïtien.
Les odeurs qui émanent du café inondent les lieux, mais seuls les dégustateurs maîtrisant la magie de discernement sont capables de les spécifier. Après avoir collecté et évalué physiquement les échantillons, les dégustateurs passent à l’étape organoleptique. Dans un premier temps, ils hument le café grillé à sec à maintes reprises. Tout de suite après, ils reprennent le même exercice après y avoir versé de l’eau. Enfin, ils ont goûté le café à différentes températures. Au bout d’une journée, ils ont terminé avec la dégustation et se préparent à rendre leur verdict. « Tous les cafés qu’on a dégustés ont été de bonne facture. Il n’y a pas eu de grands défauts détectés dans les échantillons sélectionnés », se sont convenus les dégustateurs, vendredi dernier, lors de la communication des résultats de la classification du café à Anse-à-Pitre.
Les dégustateurs venus des Etats-Unis, du Canada, du Japon, de la France, du Pérou, de la République dominicaine et d’Haïti ont effectué leur travail sur treize échantillons prélevés au niveau de cinq zones caféières dans le pays. La région de Thiotte est la seule du pays à présenter des échantillons de basse altitude (600 à 900 m), de moyenne altitude (900 à 1200 m) et de haute altitude (1200 à 1600 m). La zone de Baptiste offre des échantillons de haute et de moyenne altitude. C’est différent pour la zone de Beaumont dans la Grand’ Anse où l’on rencontre des échantillons de basse et de moyenne altitude. Les échantillons prélevés dans le Nord permettent de découvrir un café à basse altitude.
Le péruvien Yujra Tibed s’est baladé dans les jardins, accompagné d’un responsable de qualité au niveau des coopératives avec un altimètre pour déterminer l’altitude de chaque échantillon prélevé. « Les échantillons de haute altitude ont été le mieux notés appréciés par les dégustateurs. Ceux prélevés dans la zone de Thiotte ont eu une acidité très prononcée. Quant à ceux venant de la Baptiste, ils ont eu une acidité très bien équilibrée. Deux profils assez différents », a révélé Florent Gout. Pour les cafés de moyenne et de basse altitude, ils ont été très propres mais avec une faible acidité. Les dégustateurs ont pris le soin de ne pas communiquer les scores pour ne pas encourager l’esprit de compétition. Les dégustateurs ont indiqué qu’il est possible de produire un café de bonne qualité dans des zones de basse altitude. « Ce n’est pas parce que vous êtes dans une zone de basse altitude que vous allez produire un café de mauvaise qualité. L’altitude, le climat, les caractéristiques du sol sont autant d’éléments qui influencent la qualité », ont-ils affirmé. « Le but de cette exercice consiste à faire ressortir des caractéristiques propres à chaque zone.
Ce n’est pas un concours qui va permettre de dire que telle ou telle région présente un meilleur café qu’une autre. Il est question de voir s’il y a des zones qui présentent des caractéristiques similaires. Cela va permettre à ceux qui commercialisent le café sur le marché international de mieux présenter le produit », ont indiqué les dégustateurs. « Il y a un fort potentiel dans le café haïtien. Ça vaut la peine d’insister sur le volet qualité. La production du café exige des sacrifices, donc, il faut tout faire pour valoriser le café comme un produit de très haute qualité », a préconisé le dégustateur péruvien Yujra Tibed, responsable du volet qualité dans la coopérative CECOVASA au Pérou, félicitant l’AVSF pour son « projet Kore Kafe ». Selon lui, cette activité permettra aux producteurs et aux torréfacteurs d’aller chercher le meilleur prix pour le café sur le marché mondial. Elle permet aussi d’améliorer en permanence la qualité du café. Le coordonnateur du projet Kore Kafe, Jean Chesnel Jean, a profité de ce forum pour distinguer six producteurs faisant partie respectivement de COOPCAB et de l’Association des planteurs de café de Belle-Anse (APCAP) qui ont bénéficié d’un prêt subventionné pour la façon dont ils entretiennent leurs jardins en présence du coordonnateur de l’Institut national du café d’Haïti (INCAH), l’agronome Joubert C. Angrand.
Le forum de classification avait attiré la grande foule. Au cours de cet évènement, une foire-exposition a été organisée. Le grand public a eu une dégustation gratuite. Les communes Thiotte et Anse-à-Pitre étaient en fête. Le café, en plus d’être un breuvage, paraissait comme une culture. La musique d’un groupe de troubadour, l’interprétation d’un sketch sont autant d’activités qui ont marqué ce forum. « La classification du café est un passage obligé dans la recherche d’une meilleure qualité. Tous les pays de la région l’ont déjà effectué depuis bien des temps », a indiqué Jean Chesnel Jean, coordonnateur du projet Kore Kafe. A souligner que ce forum est une initiative des Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) dans le cadre du projet Kore Kafe.
 Jeanty Gérard Junior
SOURCE: Le Nouvelliste