Le café, le marché de l’éternel surplus ?

Publié le

Connaissez-vous le “pacte du café” ?

Il ne s’agit ni d’une alliance des grands producteurs, ni d’un complot des torréfacteurs et encore moins d’un monopole des producteurs de petits biscuits au chocolat devenus aussi indispensables désormais à une tasse de café qu’un bonnet rouge à un Breton.

Le “pacte du café” est tout simplement une subvention, demandée par les agriculteurs brésiliens ce mois-ci. Leurs revendications sont on ne peut plus simple : le gouvernement doit apporter une aide à l’exportation de café, et faciliter le remboursement de la dette des producteurs.

La situation des agriculteurs brésiliens est effectivement devenue critique ces derniers mois. Si depuis 2011, le prix du sac de café est en chute libre la situation est particulièrement grave cette année pour le Brésil car les prix de l’arabica ont chuté bien plus violemment que ceux du robusta.

Prix indicatif composé quotidien de l’OIC
(Moyennes mensuelles : janvier 2000 à octobre 2013)

Prix indicatif composé quotidien de l'OIC

Toutefois dans le cas du Brésil, le gouvernement pourrait être obligé de s’investir pour de nombreuses années sur ce marché car pour l’instant peu d’analystes se risquent à pronostiquer un redressement des cours dans les mois à venir.

Un marché en “crise” depuis 10 ans
L’Organisation du marché du café parle d’une “crise du café” depuis à peu près 10 ans. La première phase s’est traduite par une envolée fulgurante des prix du sac de café, qui a pris à la gorge les torréfacteurs. En quelques années le prix a été multiplié par 4 ou 5. Depuis deux ans, le marché est entré dans une nouvelle phase de crise : les prix ont entamé une décrue.

Bien entendu le marché des matières premières est cyclique, et on pourrait attendre du marché qu’il se redresse rapidement à l’avenir. Mais non content d’être la matière la plus baissière depuis deux ans, le café devrait poursuivre sa chute encore quelque temps. C’est particulièrement le cas pour l’arabica, la qualité la plus chère du café.

La roya, la rouille impuissante
Signe de la confiance des investisseurs, le marché de l’arabica est resté une nouvelle fois insensible devant l’extension cette année de la roya, ou “rouille” en espagnole. Il s’agit d’une maladie qui s’attaque aux plants de café, en pleine recrudescente du fait du réchauffement climatique.

Partie de Colombie en 2011, cette maladie s’est étendue à l’Amérique centrale. En début d’année, le Costa Rica a déclaré l’état d’urgence face à la menace que faisait peser la “rouille de café” sur sa production. Malgré cette agitation le marché de l’arabica est resté d’un calme olympien. D’ailleurs, depuis janvier les cours ont continué de chuter. En cause, les investisseurs savent que la surproduction pourrait perdurer encore longtemps.

Le Brésil, le premier producteur d’arabica au monde, avait déjà contribué à plomber les prix du café l’année dernière en sortant un record historique de production à 50,8 millions de sacs sur la récolte 2012, sur une production mondiale de 134,4 millions de sacs de 60 kilos (Ms). Et cette année, elle devrait être comprise entre 47 et 50,2 millions selon le dernier rapport Cyclope.

[NDLR : La surproduction brésilienne n’a pas touché le seul café. Cette année j’ai recommandé dans Matières à Profits de rentrer sur le marché d’une matière première dont les prix ont perdu 40% depuis leur pic de juillet 2011. Cette chute brutale a également profité aux industriels qui la consomment. Le titre recommandé a déjà pris 10% depuis le début de l’année. Retrouvez plus de détails dans Matières à Profits]

Mon conseil
La flambée des prix de 2011 avait amené les consommateurs d’arabica à se tourner vers l’arabica, moins cher. Avec la baisse brutale de l’arabica cette année, ce type de café pourrait faire son grand retour. Toutefois la production va rester abondante au moins jusqu’en 2014. Et de toute façon, ce sont désormais les pays émergents qui tirent la consommation de café. Or ceux-ci consomment avant tout du robusta.

C’est pourquoi les opportunités d’investissements sur le marché du café concernent soit les torréfacteurs, qui profitent de la baisse des prix, soit les producteurs de robusta.

Bon investissement

SOURCE: http://edito-matieres-premieres.fr

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s