L’excès de café nuit au marché

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Aucune difficulté météorologique n’étant venue raréfier les grains, les récoltes sont très bonnes.

 

On ne sait plus où mettre les sacs – de 60 kilos – de café. Les récoltes sont désespérément excellentes. Pas de gelées au Brésil. Pas de sécheresse auVietnam cette année.

Les investisseurs – alias les spéculateurs – comptaient sur le typhon Haiyan qui a ravagé les Philippines pour réduire la production des caféiers vietnamiens. Raté : le déluge philippin s’est mué sur l’Indochine en pluies banalement tropicales, et le café vietnamien va très bien, merci.

Il ne faut pas chercher plus loin la cause de la longue glissade des cours des deuxmatières premières de nos « petits noirs », le noble arabica et le plébéien robusta. A New York, vendredi 15 novembre, la livre d’arabica a coté à 105,75 cents US (0,78 euro) contre 156,30 cents le 18 janvier, soit un recul de quelque 34 % en dix mois.

Dégoûtée, la spéculation s’est retirée du jeu. Désormais, c’est le rapport de l’offre et de la demande qui fait le prix et, aucune difficulté météorologique n’étant venueraréfier les grains, la production a surclassé la consommation.

CERTAINS PENSENT À STOCKER POUR FAIRE REMONTER LES COURS

« Lors de la dernière campagne, on a consommé 260 millions de sacs, mais on en a produit 310 millions, explique Jérôme Jourquin, spécialiste des matières premières agricoles chez Aurel BGC. En 2008-2009, le rapport était inversé. Pas étonnant que les stocks montent : ils représentent 35 % de la consommation annuelle, contre 30 % il y a quatre ans. »

Alertés par leurs planteurs, certains gouvernements étudient la possibilité destocker les sacs pour faire remonter les cours. Voici que le quotidien vietnamienThoi Bao Kinh te Saigon nous informe, le 13 novembre, que le ministre de l’agriculture propose de stocker 200 000 à 300 000 tonnes de la récolte 2013-2014 de robusta.

Cela fait sourire Jérôme Jourquin car, dit-il, « toutes les tentatives de rétention ont échoué à faire monter les prix. Elles ont pour effet d’augmenter encore les stocks et les marchés savent pertinemment qu’il faudra bien les vendre un jour ».

Que dit le marc de café ? Il dit aux experts que l’on se rapproche d’un point bas. « Celui-ci est estimé à un dollar pour la livre d’arabica et nous en sommes à 1,06 en moyenne, et à 1 300 dollars pour la tonne de robusta et nous en sommes à 1 460 en moyenne », précise Jérôme Jourquin. La fin de la baisse serait donc pour bientôt.

IL NE FAUT PAS RÊVER

Deux phénomènes pourraient accélérer la reprise. D’abord, le fait que l’Asie se mette à boire du café comme elle s’est mise frénétiquement à consommer du chocolat. Mais il ne faut pas rêver : le premier producteur mondial de robusta, le Vietnam, ne consomme pas sa propre production et demeure maniaque du thé.

Faute d’une révolution des habitudes alimentaires, il ne reste plus qu’à comptersur un événement météorologique suffisamment catastrophique pour enclencherune pression à la hausse des prix. Là encore, il ne faut pas rêver, car les prochaines gelées dans l’hémisphère Sud n’auront pas lieu avant le mois de juillet et les prochains typhons en Asie avant un an.

Une très bonne nouvelle pour la chaîne Starbucks Coffee, qui a profité d’un café meilleur marché pour améliorer sa marge bénéficiaire de 16,3 % en 2013.

SOURCE: http://www.lemonde.fr

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