Grand’Anse

Le café en Haïti

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Le saviez-vous ?

Haïti dispose, à l’heure actuelle, de 100 000 hectares de terres consacrés à la culture de caféiers, soit 3,6 % du territoire national. Bon nombre de familles haïtiennes travaillent à la production de café (200 000 familles). Elles sont regroupées pour la plupart en associations ou en coopératives. Cependant, plusieurs producteurs ont abandonné la culture du café pour celle des pois (haricots). La raison? Parce que le secteur « haricots » procure des revenus aux trois mois et non une fois par an, comme c’est le cas pour le secteur « café ». Sans compter qu’un jeune cafétier met quatre ans avant  de donner sa première récolte. De plus, le prix des haricots connaît une hausse vertigineuse au palier local, contrairement à celui du café, qui connaît, depuis plusieurs années, une baisse constante sur le marché…

CONTRAINTE DANS LA PRODUCTION DU CAFÉ

La cueillette du café peut se révéler un travail épuisant. Ce sont, de manière générale, les femmes qui s’occupent des trois premières étapes du traitement, c’est-à-dire la cueillette, le lavage et le triage. Aussi, les producteurs de café font souvent face à diverses contraintes au cours de la production, comme :

  • Le manque de matériel pour le séchage adéquat du café naturel ou lavé;
  • la majeure partie du café perd en qualité à cause des mauvaises conditions de préparation;

les ouragans, qui ont des effets dévastateurs sur les champs de café

LES GRANDS ATOUTS DANS LA PRODUCTION DU CAFÉ LOCAL

La culture de café local présente, malgré certaines contraintes de production, de grands atouts :

  • la présence de grands arbres ombrageux dans les plantations de caféiers favorise la couverture végétale et a un impact très positif sur l’environnement;
  • le secteur dispose de ressources humaines qualifiées, de personnel cadre et de professionnels compétents;
  • l’existence des ressources matérielles suffisantes pour relancer la production caféière;

l’existence de nombreuses structures (l’Institut national du Café haïtien(INCAH), par exemple) pour la promotion et la valorisation du café local.

EXPORTATION DE LA PERLE NOIRE

Il ne faut pas oublier non plus que le café haïtien suscite un vif intérêt de la part des exportateurs internationaux, qui considèrent la qualité et le goût « de la perle noire » d’Haïti comparables à ceux du très réputé café de la Jamaïque, le Blue Mountain (son équivalent haïtien pourrait être le Haïtien Bleu).

Le café naturel est exporté en République dominicaine, sa voisine, et le café lavé est expédié vers d’autres pays comme le Japon, Taïwan, l’Angleterre, etc., grâce aux efforts très importants des entreprises de production, notamment de la Fédération des Associations Caféières Natives (FACN), du Réseau des Coopératives Caféières de la Région du Nord (RECOCARNO), de la Coopérative des Planteurs de Café de l’Arrondissement de Belle Anse (COOPCAB) ainsi que d’autres structures évoluant dans le secteur.

Selon le Laboratoire des Relations Haïtiano-Dominicaines (LAREHDO), si l’on combine les chiffres des exportations officielles (5 millions de dollars américains par année) et ceux des exportations informelles vers la République dominicaine (5 à 10 millions de dollars par année), le café d’Haïti constitue encore la première denrée agricole d’exportation du pays. Rien de moins!

En somme, si l’on redynamise le secteur « café » par diverses interventions (par exemple, en finançant les entreprises de production et de transformation et en faisant la promotion de cet atout précieux qu’est le café haïtien), une telle mesure sera très bénéfique pour le pays!

Source: Veterimed

Un atelier pour sauver le café haïtien

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Le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du développement rural (MARNDR) et l’Institut national du café d’Haïti (INCAH) ont organisé, le jeudi 18 juillet, un atelier sur la problématique de la filière café en Haïti, a observé l’agence Haïti Press Network.

Des cadres du ministère de l’agriculture, des représentants d’associations et d’organisations paysannes – venus de plusieurs régions du pays –, et des membres de l’Institut national du café d’Haïti ont discuté sur des mesures à prendre en urgence sur l’état de la ‘rouille orangée’ qui affecte la production caféière à travers le pays.

« Cet atelier doit être une occasion pour tous les acteurs impliqués dans le secteur du café de réfléchir ensemble sur les dispositions à prendre pour trouver une solution à la rouille orangée qui affecte plusieurs plantations de café du pays », a souhaité, à l’ouverture de l’atelier, Joubert Angrand, le coordonnateur de l’INCAH.

Thiotte, dans le département du Sud-Est, et Beaumont, dans la Grand-Anse sont, selon Joubert Angrand, les communes du pays les plus affectées par cette épidémie.

« Le café joue un rôle important dans le pays, mais ces derniers temps, à cause de la rouille orangée, il y a une baisse dans sa production », a fait savoir, pour sa part, le secrétaire d’État à la relance agricole, Vernet Joseph.

Il a appelé tous les acteurs concernés à agir vite afin de trouver une solution à cette problématique dans le secteur du café.

Cet atelier, lors duquel les participants ont discuté sur plusieurs thématiques liés au secteur, a été aussi une occasion pour les organisateurs de discuter sur la relance de la culture du café dans le pays.

Selon des données avancées par les initiateurs de l’atelier, la culture du café qui, autrefois, occupait plus de 20% de l’espace agricole sur tout le territoire national, est aujourd’hui en régression.

Sylvestre Fils Dorcilus

Source : HPN