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Le café haïtien catalogué pour mieux être représenté sur le marché international

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Désormais, les acteurs œuvrant dans la filière café en Haïti connaissent les caractéristiques de leur produit privilégié considéré comme la perle noire de la Caraïbe. Ainsi, ils sont en mesure d’aller à la recherche du meilleur prix sur le marché international. Les caractéristiques décelées par huit dégustateurs venus des quatre coins du monde, liées à la région et à l’altitude d’où provient le café ont été communiqué lors d’un forum. 
Les dégustateurs lors de l’étape organoleptique de la classification 
Dans les locaux de la Coopération des coopératives des planteurs de café de l’arrondissement de Belle-Anse (COOPCAB), à Thiotte, les dégustateurs portant chacun un tablier travaillent dans l’après-midi du jeudi 28 novembre. Ils font une évaluation organoleptique de plusieurs échantillons de café. Dans un petit laboratoire, ils se laissent guider par leur flair pour sentir les finesses du café haïtien.
Les odeurs qui émanent du café inondent les lieux, mais seuls les dégustateurs maîtrisant la magie de discernement sont capables de les spécifier. Après avoir collecté et évalué physiquement les échantillons, les dégustateurs passent à l’étape organoleptique. Dans un premier temps, ils hument le café grillé à sec à maintes reprises. Tout de suite après, ils reprennent le même exercice après y avoir versé de l’eau. Enfin, ils ont goûté le café à différentes températures. Au bout d’une journée, ils ont terminé avec la dégustation et se préparent à rendre leur verdict. « Tous les cafés qu’on a dégustés ont été de bonne facture. Il n’y a pas eu de grands défauts détectés dans les échantillons sélectionnés », se sont convenus les dégustateurs, vendredi dernier, lors de la communication des résultats de la classification du café à Anse-à-Pitre.
Les dégustateurs venus des Etats-Unis, du Canada, du Japon, de la France, du Pérou, de la République dominicaine et d’Haïti ont effectué leur travail sur treize échantillons prélevés au niveau de cinq zones caféières dans le pays. La région de Thiotte est la seule du pays à présenter des échantillons de basse altitude (600 à 900 m), de moyenne altitude (900 à 1200 m) et de haute altitude (1200 à 1600 m). La zone de Baptiste offre des échantillons de haute et de moyenne altitude. C’est différent pour la zone de Beaumont dans la Grand’ Anse où l’on rencontre des échantillons de basse et de moyenne altitude. Les échantillons prélevés dans le Nord permettent de découvrir un café à basse altitude.
Le péruvien Yujra Tibed s’est baladé dans les jardins, accompagné d’un responsable de qualité au niveau des coopératives avec un altimètre pour déterminer l’altitude de chaque échantillon prélevé. « Les échantillons de haute altitude ont été le mieux notés appréciés par les dégustateurs. Ceux prélevés dans la zone de Thiotte ont eu une acidité très prononcée. Quant à ceux venant de la Baptiste, ils ont eu une acidité très bien équilibrée. Deux profils assez différents », a révélé Florent Gout. Pour les cafés de moyenne et de basse altitude, ils ont été très propres mais avec une faible acidité. Les dégustateurs ont pris le soin de ne pas communiquer les scores pour ne pas encourager l’esprit de compétition. Les dégustateurs ont indiqué qu’il est possible de produire un café de bonne qualité dans des zones de basse altitude. « Ce n’est pas parce que vous êtes dans une zone de basse altitude que vous allez produire un café de mauvaise qualité. L’altitude, le climat, les caractéristiques du sol sont autant d’éléments qui influencent la qualité », ont-ils affirmé. « Le but de cette exercice consiste à faire ressortir des caractéristiques propres à chaque zone.
Ce n’est pas un concours qui va permettre de dire que telle ou telle région présente un meilleur café qu’une autre. Il est question de voir s’il y a des zones qui présentent des caractéristiques similaires. Cela va permettre à ceux qui commercialisent le café sur le marché international de mieux présenter le produit », ont indiqué les dégustateurs. « Il y a un fort potentiel dans le café haïtien. Ça vaut la peine d’insister sur le volet qualité. La production du café exige des sacrifices, donc, il faut tout faire pour valoriser le café comme un produit de très haute qualité », a préconisé le dégustateur péruvien Yujra Tibed, responsable du volet qualité dans la coopérative CECOVASA au Pérou, félicitant l’AVSF pour son « projet Kore Kafe ». Selon lui, cette activité permettra aux producteurs et aux torréfacteurs d’aller chercher le meilleur prix pour le café sur le marché mondial. Elle permet aussi d’améliorer en permanence la qualité du café. Le coordonnateur du projet Kore Kafe, Jean Chesnel Jean, a profité de ce forum pour distinguer six producteurs faisant partie respectivement de COOPCAB et de l’Association des planteurs de café de Belle-Anse (APCAP) qui ont bénéficié d’un prêt subventionné pour la façon dont ils entretiennent leurs jardins en présence du coordonnateur de l’Institut national du café d’Haïti (INCAH), l’agronome Joubert C. Angrand.
Le forum de classification avait attiré la grande foule. Au cours de cet évènement, une foire-exposition a été organisée. Le grand public a eu une dégustation gratuite. Les communes Thiotte et Anse-à-Pitre étaient en fête. Le café, en plus d’être un breuvage, paraissait comme une culture. La musique d’un groupe de troubadour, l’interprétation d’un sketch sont autant d’activités qui ont marqué ce forum. « La classification du café est un passage obligé dans la recherche d’une meilleure qualité. Tous les pays de la région l’ont déjà effectué depuis bien des temps », a indiqué Jean Chesnel Jean, coordonnateur du projet Kore Kafe. A souligner que ce forum est une initiative des Agronomes et vétérinaires sans frontières (AVSF) dans le cadre du projet Kore Kafe.
 Jeanty Gérard Junior
SOURCE: Le Nouvelliste

Le monde du café

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Les origines
On peut situer la découverte du café en Éthiopie, entre 2000 ans avant Jésus-Christ et 850 après Jésus-Christ. À l’époque, on se nourrissait ni plus ni moins de café en le transformant en une sorte de bouillie épaisse également composée de graisse animale. Les Éthiopiens auraient aussi, ultérieurement, découvert la torréfaction. Ils seraient donc à l’origine du café tel que nous le connaissons encore aujourd’hui. Puisque le caféier poussait à l’état sauvage en Éthiopie, il a fallu attendre le passage du café au Yémen, vers le 14e ou le 15e siècle, pour voir apparaître une véritable culture du caféier. Grâce aux caravanes, tout le monde musulman est bientôt conquis.

A la conquète de l’Europe et de la France

Les voyageurs européens découvrent avec ravissement ce breuvage noir que l’on nomme chaubé ou chaova et qui « donne du courage et de la vigueur d’esprit ». Le premier sac de café vert arrive en Europe à Venise en 1615.

En France, il faut attendre 1644 où un voyageur, arrivant de Constantinople, débarque au port de Marseille et rapporte quelques graines de café dont il fait profiter ses amis. Mais ce n’est qu’en 1669 que le café commence à être vraiment apprécié en France. Cette année-là, l’ambassadeur de Turquie offre du café à la cour du roi Louis XIV à l’occasion d’une très grande réception. En 1672, s’ouvre le premier débit de café à Paris puis, en 1686, c’est au tour du célèbre café « Procope » d’être inauguré. Cet établissement très élégant, toujours ouvert aujourd’hui et le plus ancien café de France, attire à l’époque les grands de ce monde et connaît beaucoup de succès, notamment avec cette nouvelle boisson à la mode. Mais, à l’ époque, le café est encore un produit de luxe.

Sans oublier les Antilles françaises !

En 1786, le français Gabriel De Clieux introduit deux à trois plants de café en Martinique. Ces premiers plants seront à l’origine de tous les caféiers des Caraïbes et d’Amérique Latine, dont le fameux « Blue Mountain » de la Jamaïque. Aujourd’hui encore, Guadeloupe, Martinique et Nouvelle-Calédonie possèdent de petites plantations, ce qui fait de la France un vrai pays producteur !

Plus par plaisir que par nécessité

Le café n’est pas un produit nécessaire à notre existence. Pendant des millénaires, les peuples eurasiatiques l’ont ignoré. Inconnu des antiques populations méditerranéennes, il n’a pas empêché leurs civilisations de s’épanouir. C’est depuis trois siècles seulement que ce produit est apprécié chez nous et depuis moins d’un siècle que son usage s’est répandu chez la majorité des Français. Bien que ne répondant pas à nos besoins vitaux, l’habitude de boire de temps en temps une tasse de café est devenue si générale que nous avons peine à nous en passer ! Café qui vous réveille en douceur le matin, café pris avec des collègues de bureau ou des amis de rencontre, café qui clôt harmonieusement un bon dîner…il y a beaucoup d’occasions de le déguster à travers des instants de plaisir et de convivialité ! Une boisson médicinale Le fruit du caféier fut d’abord consommé en bouillie et apprécié pour ses vertus médicinales par les paysans d’Ethiopie où il croissait à l’état sauvage. Les premières traces écrites décrivant les vertus du café sur le système digestif notamment, ont été retrouvées dans des rapports médicaux du IXème au XIème siècle. Aujourd’hui, on sait que le café nous apporte glucides, lipides, et antioxydants. Le café réduirait également les risques de maladie d’Alzheimer chez les consommateurs réguliers.

Une boisson populaire, notamment en France 

En vingt siècles, le café est devenu une boisson universelle, comme l’illustrent ces quelques chiffres : Aujourd’hui, il se consomme environ 1,5 milliard de tasses chaque année dans le monde. La récolte mondiale est estimée en 2008/2009 a environ 140 Millions de sacs. Le café est la deuxième matière première échangée dans le monde après le pétrole et première agricole en volume. Les importations en France (base acquittement de douane) sur l’année 2007 représentent environ 4,1 millions de sacs dont 2,9 millions de sacs en Arabica et 1,2 million de sacs en Robusta. Soit 70 % d’Arabica pour 30 % de Robusta. La consommation en France serait de l’ordre de 305 000 tonnes soit environ 4,95 kg par personne. Ce qui place la France dans le peloton de tête des pays consommateurs.

Une chaîne de production encore artisanale 

La production reste très paysanne puisque les exploitations familiales représentent selon les pays de 80 à 100 % de la production en Afrique ou en Asie et de 60 à 80% en Amérique Latine. Le caféier s’épanouit en altitude sous des climats humides et chauds. Les principaux lieux de productions sont situés sur la ceinture équatoriale et dans des lieux montagneux. De fait, les petites exploitations sont souvent isolées, éloignées des réseaux routiers ou électriques et sans beaucoup de moyen de communication. Améliorer la qualité du café et la qualité de vie des producteurs Le monde des producteurs de café est essentiellement rural, souvent pauvre. C’est pourquoi Terres de Café travaille avec les organismes ou des importateurs qui se sont organisés pour mieux répartir les sources de profits afin de vous offrir le meilleur café de qualité produit dans des conditions sociales plus acceptables et dans le plus grand respect de l’environnement. Cet engagement permanent se concrétise à travers les multiples actions de la Fondation Efico. Pour connaître les détails de ces actions, allez sur le site http://www.eficofundation.com C’est ainsi que nous commercialisons principalement du café de petits producteurs ou de coopératives qui ne peuvent avoir accès aux grands groupes. Nos fournisseurs sont donc de tous petits producteurs que nous soutenons par le biais de préfinancements des récoltes et nous pouvons grâce à ce partenariat être garant de la qualité des cafés exportés.

Préserver un produit précieux, de l’arbre jusqu’à votre tasse 

L’éparpillement des lieux de production, donc de collecte, et les méthodes de transformation ancestrales font du café un produit très artisanal, donc authentique et précieux ! De la plantation à votre tasse, nous entretenons cette chaîne artisanale de qualité. L ‘univers du café est comparable à celui du vin. Il y a du vin ordinaire et des grands crus, il y a des cafés quelconques et de véritables chefs d’œuvre. Tout est affaire de professionnels qui vous feront partager leur passion et leur savoir. Seul votre torréfacteur peut vous fournir ces cafés d’exception et de terroir qui transforment une dégustation de café en un instant unique.

Les cours du café

Le café est côté à la bourse de Londres (Robusta) et de New York (Arabica). On observe que le marché du café, comme celui d’autres matières premières, attire de plus en plus d’investisseurs et de spéculateurs qui reportent leurs risques sur ces marchés plus que sur les marchés financiers. Nous connaissons depuis quelques années des périodes de fortes spéculations qui occasionnent une grande volatilité des cours ! Afin de vous éviter ces différentes fluctuations, les torréfacteurs couvrent leurs achats sur ces différents marchés et vous permettent ainsi de vous garantir un prix fixe sur plusieurs mois. Ainsi, même si les prix du café fluctuent comme ceux du pétrole, grâce à l’intervention de votre torréfacteur, vous ne vous en apercevez pas !

La caféiculture

On ne peut pas parler de caféiculture sans parler de terroir. Comme tous produits agricoles, les qualités organoleptiques des cafés sont tout d’abord l’expression du caractère atypique d’une origine c’est-à-dire d’un lieu géographique unique, d’un sol, d’une altitude, d’une exposition, et encore plus précisément d’une plantation. Cependant, l’expression d’un terroir est aussi liée aux choix et au travail de l’homme. La Nature ne fait pas tout ! C’est au producteur que revient le choix botanique de la variété à planter, son mode de récolte et sa méthode de traitement, ainsi qu’à un ensemble de critères liés à la qualité des cafés.

Caractéristiques particulières des caféiers
• Il existe environ 75 variétés différentes
• Elles poussent dans les régions tropicales autour de l’équateur • Les altitudes de plantation varient de 600 à 2000 mètres pour l’Arabica et en dessous de 600 mètres pour le Robusta
• Les caféiers se plaisent dans des températures modérées de 15° à 25°C
• Les arbustes ont besoin de protection contre le soleil ardent et les vents violents
• Leur hauteur varient de 5 à 12 mètres à l’état sauvage et suivant les espèces.
• Cultivés, on les taille entre 2 et 3 mètres afin de faciliter la récolte
• Leur fleur blanche, à l’odeur de jasmin, dure moins d’une semaine
• La nouaison, étape entre la fleur et le fruit, est de 9 mois
• Le fruit est une drupe communément appelée « cerise »
• La récolte se fait entre les mois de septembre et mars
• Un caféier produit en moyenne 2,5 Kg de cerises par an soit 800 grammes de café vert
• Les caféiers peuvent vivre jusqu’à 50 ans. Leur production commence après 3 ans et atteint son plus haut niveau après 7 à 8 années, mais elle décline à partir de la 15ème année, en fonction de l’entretien
• Une personne peut récolter de 50 à 100 Kg de cerises par jour
• La récolte à la main est un gage de qualité car, afin de récolter uniquement les cerises mûres, il est nécessaire de passer 7 à 8 fois par arbres
• La sélection se fait sur base de la couleur, les fruits mûrs, matures doivent être rouges, brillants et fermes. Néanmoins, la variété Arabica « Catui » se différencie par sa couleur jaune à maturité.

SOURCE: terresdecafe.com

Les 10 meilleurs cafés du monde

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Huit des dix meilleurs producteurs de café du monde se trouvent en Amérique Latine selon le jury de spécialisé de l’organisation Rainforest Alliance.

Les Prix ont été remis lors de l’événement intitulé “Dégustation de qualité de Rainforest Alliance” organisé à l’InterContinental Exchange Grading Room de New York, aux États-Unis.

Les résultats de ce classement avaient été annoncés le 29 avril 2011 lors du Déjeuner de Rainforest Alliance qui s’est déroulé pendant la foire annuelle de l’Association des Spécialistes du Café d’Amérique (SCAA) à Houston, au Texas.

76 cafés provenant de 10 origines étaient présentés lors de cette dégustation de printemps à un jury d’experts du café. C’est le café du groupe Aguadas Rainforest, en Colombie, qui a reçu le score le plus élevé avec 89 points.

Située dans une forêt humide de la Cordillère des Andes, au nord de la Colombie, l’exploitation s’étend sur 1 800 hectares à une altitude de 2 100 mètres.

Pour la première fois dans l’histoire des Prix de Dégustation de Rainforest Alliance, tous les cafés présentés ont reçu une note supérieure à 80, note minimum pour recevoir un label de qualité, et 14 d’entre eux on reçu une note supérieure à 85, démontrant que les pratiques de l’agriculture durable peuvent produire un café de très grande qualité.

La certification par Rainforest Alliance exige la mise en application de pratiques sociales et environnementales très strictes dans la propriété depuis 2003.

Selon Linda Smithers, ancienne présidente de la SCAA, quand on goûte un café d’une propriété qui a respecté les pratiques imposées par la Rainforest Alliance on se rend compte immédiatement que c’est un produit de grande qualité.

Liste des 10 meilleurs exploitations de café du monde

1 Aguadas Rainforest Group Colombie 89.00
2 Sidama Coffee Farmers Cooperative Union Ethiopie 86.79
3 El Diviso Colombie 86.46
4 Comicaol Honduras 86.07
5 Santa Teresa El Salvador 85.71
6 Jumboor Estate, Tata Coffee Inde 85.50
7 Finca Kassandra Mexique 85.46
8 El Guayabito, Catalina, San Antonio Colombie 85.36
9 Finca el Zapote Guatemala 85.35
10 ADESC Guatemala 85.35

SOURCE: http://www.americas-fr.com

Le café le plus cher du monde est à base de crottes

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Des crottes de civette et le café qui en résulte. Photos postées respectivement par Peter Dalsgaard et Simon Wong.

Derrière ces petits tas d’excréments de civette, un mammifère nocturne vivant en Indonésie, on trouve aussi le produit le plus précieux du pays. Découvrez l’étonnant secret de fabrication du « kopi luwak », le café le plus cher du monde.

Grâce à ses excréments, la civette palmiste qui, il fut un temps, était considérée comme une plaie dans la région, est devenue la reine des plantations de café indonésiennes. Cet animal aux allures de fouine se nourrit des baies de café mûres mais, incapable d’en digérer les grains, il les défèque intacts. Et au moment du passage des grains dans le système digestif de la civette, une combinaison d’enzymes entraîne une réaction chimique qui donne un goût unique au café.

Grâce à cette fermentation naturelle, une tasse de « kopi luwak » coûte 20 euros dans les cafés et restaurants. Un sac de 370 grammes peut, quant à lui, atteindre le prix exorbitant de 200 euros.

« La civette doit, à la base, se nourrir des meilleurs grains »

Alberto Taphanel Souto est amateur de café. Il a commencé par fabriquer du « kopi luwak » pour sa consommation personnelle à Bali. Il le vend désormais sur Internet sous sa propre marque, Real Kopi Luwak.

Quand les Néerlendais amenaient du café en Indonésie au XVIIe siècle, ils interdisaient aux locaux de cueillir les grains sur les plantations. Les Indonésiens récupéraient donc ceux qu’ils trouvaient par terre. En découvrant leur différence de goût et ce qui en était à l’origine, ils ont découvert le ‘kopi luwak’.

La fabrication du ‘kopi luwak’ demande beaucoup de travail, essentiellement manuel, ce qui explique son prix. Moi, je reçois les graines d’une coopérative de ramasseurs de café. Une fois qu’ils ont réuni 15 kilos de graines déféquées par les civettes, ils brisent les coques de café une à une avec un mortier, séparent les grains, les rincent une première fois et m’envoient les plus beaux.

Après les avoir nettoyés très minutieusement – pour éliminer tout résidu – et les avoir fait sécher avec de l’air chaud, je choisis les graines à la main, une par une. Au final, moins d’un tiers de la quantité d’origine sera utilisée. Quand je reçois une commande [sur mon site], je torréfie le café, l’empaquette et l’envoie dans la journée.

Malheureusement, on constate de nombreuses fraudes dans le secteur. Certains mélangent d’authentiques grains de civette avec du café ordinaire et l’estampille ‘100 %  kopi luwak’. D’autres ont essayé de garder des civettes en captivité, mais le résultat n’a rien à voir car ces animaux se sentent mal en captivité. Certains cafés sont simplement imbuvables. Le vrai secret, ce n’est pas de boire du café issu du ‘kopi luwak’, mais c’est que la civette se nourrisse, à la base, des meilleurs grains. Ensuite, il faut sélectionner les meilleurs d’entre eux. »

Une civette dans la forêt de Java. Postée par Rick Wezenaar sur Flickr.

Une civette en captivité à Bali. Postée par Peter Dalsgaard sur Flickr.

Des crottes de civette. Postée par Peter Dalsgaard sur Flickr

Des crottes de civette. Postée par Geoffrey Franz sur Flickr.

Des graines de « kopi luwak » après le premier nettoyage, Java. Postée par Rick Wezenaar sur Flickr.

Une femme torréfie à la main les graines, à Bali. Postée par Geoffrey Franz sur Flickr.

« Si vous ajoutez de la crème et du sucre, le café prend un goût chocolaté »

Simon et Bonnie Wong vivent à Hong Kong où ils ont gouté le « kopi luwak ».

Ils en vendent à la boutique de l’hôtel Intercontinental de Hong Kong. Il coûte environ 165 dollars de Hong Kong [16 euros] la tasse, alors que Caprice, le restaurant français situé au sommet du Four Seasons Hotel, le vend à 225 dollars de Hong Kong [22 euros] la tasse. Nous avons goûté les deux, à chaque fois la commande est accompagnée d’un certificat d’authenticité.
Nous ne sommes pas de grands amateurs de café mais nous avons tous les deux trouvé que le ‘kopi luwak’ est très différent des cafés ordinaires. Quand vous le buvez noir, il a un léger goût doux-amer. Et quand vous ajoutez de la crème et du sucre, il devient brun doré et prend un goût chocolaté vraiment délicieux. »

Le « kopi luwak » avec son certificate d’authenticité, à Hong Kong. Postée par Simon Wong sur Flickr.

Le « kopi luwak » à $39 dollars (€30) la tasse, à San Francisco. Postée par Ted Mills sur Flickr.

Le « kopi luwak » en paquet, à Hong Kong. Postée par Simon Wong sur Flickr.

SOURCE: http://observers.france24.com

Replacer le café au rang de produit national stratégique

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La Plateforme nationale des productrices et producteurs de café d’Haïti (Pnpch) plaide pour une revalorisation du café au rang de « produit national stratégique », selon les informations dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Elle demande aux autorités d’adopter des mesures pour une remise en valeur de la filière caféière, une denrée qui constituait, dans le temps, une source importante de revenus pour des nombreuses familles en Haïti.

Pour les responsables de la Pnpch, cette décision ne peut être que bénéfique pour le pays, dans le reboisement des mornes et dans la création réelle de nouveaux emplois, avancent des responsables de la plateforme qui rassemble plus de 25 mille productrices et producteurs de café sur le territoire national.

Le financement adéquat de toutes les organisations caféières, l’amélioration du mode de vie des populations évoluant dans les périmètres des plantations de café, la formation des planteuses et planteurs de café sur les modèles agro-forestiers, la lutte contre les maladies attaquant le café, sont d’autres réclamations faites par l’association.

Les membres de la plateforme appellent les autorités à s’engager dans l’établissement et l’amélioration des « infrastructures nécessaires au travail des productrices et des producteurs ».

Ces citoyennes et citoyens, qui veulent apporter leur pierre dans le développement du pays, invitent les autorités à « s’asseoir avec eux » et « les impliquer dans toutes les décisions », liées à cette branche économique.

Jusqu’à date, le premier ministre haïtien Laurent Salvador Lamothe n’aurait pas répondu à une lettre de revendications, paraphée par 20 mille d’entre eux.

A travers cette correspondance, les productrices et producteurs de café en Haïti ont offert, ouvertement, leur contribution à la relance de la filière café.

La plateforme nationale regroupe huit (8) plateformes régionales, dans le Nord, le Centre, le Nord-Est, le Sud-Est (2 plateformes), la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest) et l’Artibonite.

La plateforme a dévoilé sa position, lors d’un séminaire de 2 jours, les mercredi 16 et jeudi 17 octobre 2013, à Port-au-Prince, autour du thème, « Kore òganizasyon plantè kafe yo, se kore pwodiksyon nasyonal la  » (supporter les organisations de planteurs de café, c’est supporter la production nationale).

Ce séminaire d’octobre 2013 a été l’occasion de marquer les 5 ans d’existence (17 octobre 2008-17 octobre 2013) de la plateforme nationale des productrices et producteurs de café d’Haïti.

SOURCE: Alterpresse

Deklarasyon PNPCH pou senkyèm ane ekzistans li

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 Pòtoprens 17 oktòb 2013

Platfòm Nasyonal Plantè Kafe d’Ayiti (PNPCH) salye volonte gouvènman an montre pou atake pwoblèm debwazman peyi a ap konnen depi plizyè lane. Nan sans sa a, nou pa bliye Prezidan peyi a te deklare 2013 la, ane avnviwonman an. N ap suiv ak anpil atansayon, angajman Leta Ayisyen fenk pran pou peye dèt Petrocaribe a bay peyi Venezyela, nan bay danre lokal, e pami yo kafe a.

Nou gen gwo enkyetid sou fason filyè kafe a pa ankadre depi lontan.  Lamizè ki tabli kay peyizan yo, maladi ak ravajè k ap touye pye kafe yo, katastwòf natirèl ak absans total Leta nan filyè a, fè nou ap poze tèt nou anpil kesyon. Nou toujou gen nan memwa nou, bèl epòk kote kafe te fè bonè peyi a. Sitou ane 1970 yo, kote Ayiti te konn vann ofisyèlman aletranje plis pase sis san mil (600 000) sak kafe chak ane. Jounen jodi, se anviwon di mil sak nou rive vann, gras ak rezistans plantè fanm kou gason ki deside kenbe la.

Nou tout konnen, gwo wòl kafe jwe nan istwa ekonomik peyi a; nan peye dèt lendepandans, epi soutni anpil fanmi nan rantre lajan pou yo manje epi voye pitit yo lekòl. Lè nou gade mwens pase de (2) pousan kouvèti pyebwa ki rete nan peyi a, se nan zòn ki pwodui kafe yo, nou konprann byen gwo wòl kafe a genyen pou rezoud pwoblèm debwazman peyi a. Men malgre sa a, Leta ayisyen pèsiste pa pran bon desizyon an. Poutan, malgre tout kalamite filyè kafe a ap konnen, kafe ayisyen an gen yon gwo repitasyon o nivo mondyal. Jiskaprezan, prensipal kliyan rezo nou yo nan PNPCH se peyi tankou Itali, Lafrans ak Kanada. Aloske peyi Vyetnam ki dezyèm pi gwo pwodiktè kafe nan lemonn sou menm kontinan ak peyi Japon, sa pa anpeche Japonè yo vin chache kafe ki gen bon gou a jis an Ayiti. Na konprann kisa kafe Ayiti a vle di!

Nou pa ka konprann rezon ki fè Leta ayisyen pa janm reyaji  pou relanse pwodiksyon kafe a, ki se yon pwodui ki senbolize fyète nasyonal nou, e k ap plase Ayiti sou kat mondyal la, nan yon kontèks kote nou vle chanje imaj peyi a. Sa fè nou mal anpil, lè nou gade fason Premye Minis Laurent Lamothe neglije reponn lèt plis pase 20 000 pwodiktè atravè rezo yo te ekri l, sou motivasyon yo pou yo patisipe nan pwogram Petwokaribe a.

Dis (10) lane depi li kreye Enstiti Nasyonal Kafe Ayisyen an, INCAH, ki sanse pwoteje filyè a, poko janm gen plas li nan bidjè Repiblik la, malgre Minis Agrikilti a se prezidan konsèy administrasyon l. Pwodiktè kafe yo abandone, nan yon kontèks kote yon nouvo klas pirat deside mete yo sou kote, pou yo pa benefisye pwodui fòs kouraj yo. Pifò kafe peyi a pwodui pase anba fil pou al vann nan peyi vwazen sou lòt labèl. Leta pa janm reyaji, malgre nou pa janm sispann denonse sitiyasyon sa a. Tout sa ap febli òganizasyon pwodiktè yo, ki, si se pat yo menm, kafe a te disparèt lontan deja nan peyi a.

Pwoblèm sa yo pouse n entèpele Leta ayisyen pou evite jenerasyon kap vini yo, dram tèrib sa a, ki menase aneyanti yo. Poutèt sa, Platfòm Nasyonal Plantè Kafe d’Ayiti (PNPCH) mande:

1-Pou Leta deklare kafe a « Pwodui nasyonal estratejik ». Desizyon sa a ap pèmèt remanbre mòn peyi a ak yon vitès nou pa imajine. Ekonomi peyi a ap pran jarèt, e, lamizè ap wetire kò l lakay anpil plantè. Peyizan an  ap kiltive latè, epi sispann anvayi vil nou yo nan chache lavi.

2-Nou mande, pou tout desizyon k ap pran sou filyè a, pase a travè òganizasyon pwodiktè yo, epi konsidere amelyorasyon kondisyon lavi plantè yo ki se premye may nan chèn nan. Konsa, Leta ap ranfòse kapasite òganizasyon yo.

PNPCH la, se yon chenn solid, kote rezo koperativ ak asosiyasyon plantè ki fòme l yo, detèmine pou yo batay pou remanbre filyè a. PNPCH ap lanse yon apèl bay Prezidan peyi a, ki dwe jwe yon gwo wòl nan pran kokenn chenn desizyon sa a. Nou mande Palmantè nou yo, pou yo konsidere ijans ki genyen an pou fè presyon sou ekzekitif la pou abòde pwoblèm filyè kafe a.

Mezanmi, sitiyasyon an grav! Gen ijans! Li ta, li trè ta! Ann bat pou l pa twò ta!!! Nou vle di nan sans sa a, relans filyè kafe a, pou Ayiti, se yon kesyon lavi ou lanmò! Demen nou kapab bèl oubyen tris, an fonksyon desizyon kap pran sou filyè kafe a. Nou tout konsène, se desizyon lavni tout Ayisyen.

Senk lane depi n ap milite pou remanbre filyè kafe a, nan PNPCH nou reyafime detèminasyon nou pou nou goumen jouk mayi mi. Nap remèsye patnè nou yo ki toujou akonpaye nou. Nou salye devouman yon seri jèn ki deside mache avè n, kote yo mete tan yo ak konpetans yo pou batay la ka rive pi lwen. Tout onè a se pou 41 koperativ ak 18 asosiyasyon nou yo, ki gwoupe plis pase 25 358 pwodiktè kafe nan 7 rejyon ki pwodui kafe ki fè fòs PNPCH la nan peyi a. A travè PNPCH, tout moun sa yo dispoze pou akonpaye Leta nan tout demach li vle pran pou remanbre filyè kafe a.

Kidonk, Pòt PNPCH louvri pou konseye, gide, epi aji avèk otorite yo. Nou gen solisyon pwoblèm debwazman ak kriz ekonomik k ap detwi peyi a. Fè nou konfyans. Sèl sa n ap tann se enplikasyon  tout bon otorite yo nan batay la.

Quel avenir pour les producteurs de café?

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Le marché du café est engorgé et les prix n’ont jamais été aussi bas au cours de ces 100 dernières années. La concurrence à l’exportation va donc être rude. Inciter les producteurs à «ajouter de la valeur» à leur café pour en tirer de meilleurs revenus est la solution communément proposée. Toutefois, une telle solution est complexe, et irréaliste pour nombre de producteurs.

La chute des prix du café a provoqué la crise économique la plus sévère essuyée par les pays exportateurs depuis des années. Comment cela a-t-il pu arriver à l’un des produits de base les plus répandus? La production excédentaire de café est due à différents facteurs: la rapide expansion de cette denrée au Viet Nam, de nouvelles plantations au Brésil, de meilleures récoltes, un rendement supérieur, et des encouragements à augmenter la production, comme la libéralisation des marchés dans les années 1990, qui a entraîné une augmentation des parts des producteurs de café dans les prix à l’exportation.

À cela s’ajoute une demande qu’on pourrait qualifier de faible. Les analystes se concentrent souvent sur l’offre excédentaire et négligent les effets des tendances émergentes dans les marchés et des nouvelles technologies sur l’offre et la demande internationales. Ce qui est omis également, c’est que le café n’est pas un produit uniforme: la variété arabica possède un arôme délicat et atteint généralement des prix élevés, alors que le café robusta est souvent meilleur marché et plus facile à produire. La part de marché du robusta s’est énormément accrue ces dix dernières années.

La qualité du produit, les coûts de production et les rapports avec les partenaires internationaux ont représenté des paramètres commerciaux durant des années. Néanmoins, après plus de trois ans de production excédentaire et de bas prix, la concurrence s’est accentuée. Pour de nombreux producteurs et exportateurs, la survie de cette activité dépend entièrement de leur réponse aux exigences d’un marché de meilleure qualité et de sa constance, de la traçabilité de l’origine, de la transparence (économique, sociale et environnementale), de la capacité à fournir des produits sur mesure, et de celle d’établir à long terme des partenariats directs entre producteur et torréfacteur. Les politiciens, les groupes de défense des intérêts de la branche et les organisations non gouvernementales et internationales s’emploient à chercher des solutions. Malheureusement, nombre de celles-ci ne sont que de mauvaises nouvelles pour des producteurs déjà aux abois.

Certains pourront tirer parti de variétés de café destinées à des spécialités ou de campagnes de promotion de la consommation sur de nouveaux marchés. Toutefois, beaucoup devront diversifier leur production, et les responsables politiques doivent en tenir compte.

CRÉER DE LA VALEUR À L’ORIGINE

Moins de 0,25% des exportations de café des pays producteurs se fait sous la forme de grains torréfiés et moulus. Le café instantané s’élève à 5% du marché, et tous les autres types de cafés sont expédiés sous forme de fèves crues non transformées. Le café torréfié et moulu sur le lieu de production représente ainsi moins de deux tasses sur 1000 consommées dans le pays d’importation. Pourquoi la valeur ajoutée en amont est-elle si négligeable? Elle est souvent imputée aux droits d’importation prélevés sur le café transformé. Pourtant, même si les pays importateurs réduisaient ou supprimaient ces droits, l’exportation de produits finis resterait probablement modeste, cela pour les raisons suivantes.

  • Mélanges et marques spécifiques aux marchés. Les cafés torréfiés et moulus sont le plus souvent des mélanges vendus sous différentes marques; les torréfacteurs hésitent à changer «le bon mélange». Les mélanges sont élaborés pour répondre aux goûts sur le marché et adaptés aux différences de qualité de l’eau. Il est aussi tenu compte de la disponibilité de substituts et de la saison, tant pour l’offre que pour la demande. Ces facteurs sont difficiles à gérer sans être sur le lieu de consommation.
  • Maintien de la qualité. Les fèves de café vertes et non transformées possèdent une longue période de conservation et peuvent être stockées durant des mois, parfois même des années. Tel n’est pas le cas du café torréfié et moulu, même si les nouveaux emballages permettent une conservation prolongée. La meilleure qualité s’obtient en général par une transformation la plus tardive possible, par exemple en moulant le grain juste avant la consommation.
  • Livraison juste-à-temps. Les vendeurs doivent pouvoir livrer dans les jours qui suivent la décision des torréfacteurs de modifier leurs mélanges ou les quantités. En outre, les torréfacteurs doivent répondre aux changements demandés par les détaillants. Ainsi: «La livraison de jeudi prochain doit être faite en paquets de 1 kg, et non en paquets de 500 g comme la semaine passée.» Ce type de situation n’est pas facile à gérer à 10 000 km du lieu d’achat.

BAISSE DES PRIX DUE À LA DEMANDE

Ces dernières années, le cours du café a constamment baissé. Une des difficultés rencontrées par les producteurs vient du fait que la plupart d’entre eux ne peuvent pas ajouter de valeur à l’origine. L’autre point négatif est que la demande croît lentement. Les tendances du marché et les nouvelles technologies agissent parfois contre les intérêts des producteurs. Voici quelques facteurs souvent oubliés lors des discussions sur l’offre et la demande.

  • L’emploi de plus en plus répandu du robusta. Le café robusta est utilisé comme remplissage bon marché dans beaucoup de mélanges, bien que des arômes indésirables limitent la quantité qui peut être utilisée. Les torréfacteurs ont répondu à la croissance de l’offre en adoptant des technologies (par exemple le traitement à la vapeur) en vue d’augmenter l’emploi du robusta.
  • L’utilisation de grains meilleur marché pour les cafés aromatisés. L’ajout d’arômes tels que la vanille, la noisette et la framboise au café est devenu à la mode en Amérique du Nord. Aux États-Unis, certaines revues spécialisées sur le café comptent jusqu’à dix pleines pages de publicité pour des sirops ou autres additifs, ce qui donne parfois l’impression que ces arômes sont plus importants que le café. Les cafés aromatisés peuvent être préparés avec des fèves de qualité médiocre.
  • L’utilisation de fèves meilleur marché pour les nouvelles boissons à base de café. Aujourd’hui, la tasse de café traditionnelle se vend parallèlement à des produits tels que le cappuccino, le café au lait et le mochaccino, dans lesquels le café ne représente qu’un ingrédient parmi d’autres. Les torréfactions plus foncées servent à préserver le goût du café lorsqu’il est mélangé à du lait, de la crème ou de la glace; elles permettent l’emploi de fèves de moindre qualité.
  • Moins de fèves par tasse. Il y a 30 ans, environ 8 fèves de café torréfiées et moulues étaient la norme pour une tasse de café préparée à la maison (1,5 dl) dans un pays européen. À l’heure actuelle, le mode d’emploi sur les paquets recommande souvent 6 g ou 7 g. Les nouvelles technologies employées pour la torréfaction, la mouture, le mélange et la préparation permettent d’extraire plus de 1 g de café. La diminution à 1 g par ration représente environ 12%, ce qui correspond grosso modo au pourcentage des cafés africains dans la production mondiale.
  • Effet plus stimulant du robusta. La caféine est un stimulant pour la majorité des consommateurs, mais un excès de cet élément peut avoir des effets secondaires désagréables, par exemple sur le rythme cardiaque. Le robusta possède un taux de caféine plus élevé que l’arabica et, avec l’emploi toujours plus courant du robusta dans les mélanges, certains consommateurs atteignent leur dose journalière après quelques tasses de café, ce qui entraîne une diminution de la consommation générale.
  • Plus d’expressos signifie plus de robusta et moins de fèves. L’expresso, de plus en plus demandé, nécessite parfois moins de fèves de café par tasse que le café traditionnel. En outre, pour augmenter la stimulation obtenue par la caféine et le goût épicé exigé par certains consommateurs, certains expressos contiennent une grande quantité de robusta.
  • Augmentation de la consommation hors de la maison. Les cafés et restaurants occupent une part croissante des lieux de consommation de café. Cela a attiré de nouveaux consommateurs, mais a aussi deux effets opposés. D’une part, quand le café est préparé par des professionnels, la proportion de perte est moindre (moins de café jeté dans l’évier), et la consommation générale baisse. D’autre part, le prix plus élevé par tasse dans les lieux publics rend les consommateurs plus hésitants à boire une deuxième ou une troisième tasse.
  • Boissons concurrentes. L’industrie du café doit faire face à la concurrence d’autres boissons, telles les sodas et le thé froid, que les jeunes préfèrent.

CHERCHER DES SOLUTIONS

Avec une production croissante, une consommation stagnante et un effondrement des prix depuis trois ans, nombreux sont les acteurs qui cherchent des solutions. Parmi eux se trouve TechnoServe, une organisation sans but lucratif dont l’objectif est de soutenir les entreprises agricoles dans les pays en développement. USAID et Procter&Gamble comptent parmi les institutions qui financent le travail de TechnoServe relatif au café. Son rapport 2003, Business Solutions to the Coffee Crisis, préparé avec l’aide de McKinsey & Co. et des organisations et entreprises du secteur, examine les diverses solutions possibles (voir encadré ci-dessous); il en a classé trois qui possèdent le plus fort potentiel:

  • promouvoir la consommation de café dans les pays producteurs et sur les marchés émergents;
  • encourager les producteurs de spécialités à assurer les primes du marché;
  • favoriser la diversification chez les producteurs marginaux sans potentiel de production pour les spécialités et les marchés de niche.

La Banque mondiale est parvenue aux mêmes conclusions dans un rapport rendu en mars, intitulé Coffee Markets: New Paradigms in Global Supply and Demand. Elle affirme qu’il n’existe pas de solutions miracle pour enrayer le déclin dramatique des prix mondiaux du café et recommande que les producteurs s’organisent et, avec l’aide de la communauté internationale, trouvent des moyens pour diversifier leur production ou en changer.

Ces suggestions sont judicieuses, mais seuls quelques-uns parmi les producteurs et exportateurs affectés pourront en tirer parti.

Quelques solutions

Source: technoServe (http://www.technoserve.org)

Promouvoir la consommation

L’Organisation internationale du café (OIC) et d’autres associations ont lancé des programmes de promotion générique qui incluent les marchés nouveaux et potentiels comme la Chine et la Fédération de Russie, où la consommation par habitant est très basse. La consommation est également faible dans les principaux pays producteurs, avec des exceptions telles que le Brésil ou l’Éthiopie. Des campagnes de promotion peuvent se révéler fructueuses, comme au Brésil où sont consommés à présent presque 40% de la production nationale. Toutefois, ces campagnes prennent souvent beaucoup de temps et d’argent avant de donner des résultats.

L’OIC a introduit, dans les Résolu-tions 407 et 420, des normes d’exportation qui établissent des critères de qualité minimaux. Ces normes ont deux objectifs: améliorer la qualité du café en général, et par conséquent stimuler les consommateurs à en boire plus, et diminuer l’offre de café globale en éliminant les produits de qualité médiocre.

Les spécialités

Le café de spécialité fait principalement référence à une qualité élevée ou à des produits dotés d’une histoire ou d’un cadre particuliers, souvent liés à la durabilité. Il n’existe pas de définition universelle des spécialités, lesquelles s’élèvent à 10% de la production totale.

Les cafés certifiés biologiques représentent environ 0,7% de la production mondiale. Les producteurs ont en général reçu des subventions qui compensent largement le coût de la certification, le travail supplémentaire et, pour certains, des rendements plus bas. Néanmoins, les primes ont chuté ces dernières années et l’offre s’est accrue.

Les cafés certifiés issus du commerce équitable représentent environ 0,3% de la production mondiale. Beaucoup sont également produits biologiquement. Le commerce équitable représente un schéma social impliquant notamment un label qui garantit un prix minimal de US$ 1,26 la livre franco à bord pour des cafés habituellement négociés à US$ 0,70.

Les cafés certifiés biologiques et issus du commerce équitable sont des exemples de cafés de spécialité hauts de gamme; ensemble, ils représentent cependant à peine plus de 1% du marché. La production et les ventes sont en augmentation, mais ces niches restent relativement réduites.

Diversifier la production

La diversification peut être difficile. Le café vert possède une longue durée de conservation; en outre, suivant la région, il n’y a pas d’autre possibilité de production. De plus, les prix sont bas pour beaucoup d’autres produits agricoles, certains subissant la concurrence de produits subventionnés dans les pays industrialisés.

En même temps, il existe un attachement culturel à la culture du café, et l’espoir que les prix vont remonter.

DÉCISIONS PRISES AVEC LE CCI

Les producteurs et les exportateurs de café doivent optimiser leurs activités et prendre des décisions cruciales pour leur avenir.

Le CCI aide les responsables stratégiques qui envisagent de passer à la production de café de spécialité et de promouvoir la consommation et la diversification de la production. Le CCI apporte aussi son assistance en vue d’améliorer la compétitivité de ceux qui conservent cette activité. Les exemples qui suivent illustrent la diversité de l’aide du CCI dans le secteur du café.

  • Le Projet Café gourmet (1998-2000), au Brésil, au Burundi, en Éthiopie, en Ouganda et en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a permis le développement des exportations de cafés de qualité dotés de la possibilité de prix plus élevés. En coopération avec l’OIC et le Fonds commun pour les produits de base, ce projet a expérimenté de nouvelles méthodes de production, de transformation et de commercialisation du café gourmet. Dans ce cadre s’est tenue la première enchère de café par internet, en 1999 au Brésil, qui a été à l’origine du concours et mise aux enchères Cup of Excellence (http://www.cupofexcellence.org), actuellement repris dans plusieurs pays.
  • Café: Guide de l’exportateur (2002-2003) fournit information et conseils pratiques en vue d’optimiser les pratiques commerciales à tous les stades. Ce guide se concentre sur le café courant (90% de ce commerce) et aborde quelques spécialités de niche comme la production biologique et le commerce équitable. Destiné aux exportateurs de café, cet ouvrage est utile également pour les producteurs, les autorités, les importateurs, les banques, les services de douanes et les compagnies de transport. Il examine les contrats commerciaux, la logistique, les assurances, l’arbitrage, les marchés à terme, la gestion de la couverture du risque, le financement, le contrôle de la qualité, ainsi que le commerce électronique.
  • Le Projet sur la qualité du café en Éthiopie (2003-2006) vise à améliorer la qualité, la régularité et la traçabilité de différents cafés. Le CCI fournit son aide pour créer des laboratoires, et pour la formation et les activités de commercialisation.
  • Un site internet interactif sur le café, premier du genre pour le secteur du café, accueillera un groupe d’experts qui offriront des réponses sur mesure, en trois langues, aux questions des professionnels de la branche dans les pays en développement (dès fin 2004).

 


ARABICA CONTRE ROBUSTA

La répartition de la consommation des différentes variétés de café change. L’arabica perd du terrain par rapport au robusta.

Environ 60% à 65% de la production mondiale de café est constituée d’arabica, dont la provenance principale est l’Amérique latine. Cultivé en haute altitude, ce type de café au goût aromatique et fin atteint généralement des prix élevés. Il est souvent vendu comme 100% arabica ou arabica pur. Les plus grands fournisseurs hors de l’Amérique du Sud sont l’Éthiopie, le Kenya, l’Inde et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Le robusta représente plus de 35% de la production mondiale, comparé à 25% il y a 20 ans. Cette variété est plus facile à cultiver, plus résistante aux maladies et adaptable à des altitudes plus basses. Le robusta est négocié à environ la moitié du prix de l’arabica et sert souvent à compléter des mélanges. L’arabica contient 1% à 1,5% de caféine, le robusta environ 2%.


TOUR D’HORIZON

Trois grands producteurs

Plus de 50 pays produisent du café. La production annuelle (110 millions de sacs de 60 kg, soit 6-7 millions de tonnes) et la valeur à l’exportation (US$ 5000-6000 millions) représentent le double de celles du cacao et du thé.

Trois pays, le Brésil, la Colombie et le Viet Nam, cultivent presque 60% de la production mondiale. Les pays latino-américains réunis produisent 63%.

Le Brésil fournit actuellement environ un tiers de la production mondiale, mais ce chiffre a beaucoup fluctué dans le temps: 48% en 1852; 75% en 1900; 19% en 1964; sautant à 46% une année après, en 1965, et passant à 26% en 1993. Le Brésil a un avantage de coût dû à un haut rendement, notamment grâce l’irrigation et à la récolte automatisées. Le gel et la sécheresse ont été les causes principales des fluctuations de la production, avec les incidences correspondantes sur les prix mondiaux.

Le Viet Nam est entré en scène vers la fin des années 80. Il a augmenté sa production d’environ 500 000 sacs en 1986 à 12 millions par an depuis 2000, soit presque 11% de l’offre mondiale. Ce pays produit presque uniquement du robusta.

La Colombie produit également environ 12 millions de sacs par an, exclusivement de l’arabica.

Moyenne annuelle de la production de café
2000-2003, en millions de sacs de café de 60 kg

Pays Arabica Robusta Total
Brésil 29 7 36
Colombie 12 12
Mexique 5 5
Guatemala 4 4
Autres, Amérique Latine 12 1 13
Amérique Latine 63 % 62 8 70
Ethiopie 4 4
Côte d’Ivoire 3 3
Uganda 3 3
Autres, Afrique 3 2 5
Afrique 13% 7 8 15
Viet Nam 12 12
Indonésie 1 5 6
Inde 2 3 5
Autres, Asie/Pacifique 1 2 3
Asie/Pacifique24% 4 22 26
Total mondial 73 38 111
65% 35% 100%

Source: Données puisées principalement dans l’ouvrage du CCI Café: guide de l’exportateur et auprès de l’OIC. Les chiffres sont arrondis pour indiquer les grandeurs et les tendances des dernières années plutôt que les détails. «-» signifie moins de 0,5 million de sacs.


Profil des consommateurs

Pays Million de sacs
de 60 kg
Rapport
arabica/robusta
Kg per capita
2001-2002
États-Unis 19 76/24 4,0
Canada 4 75/25* 4,7
Allemagne 11 76/24 6,7
France 6 50/50* 5,4
Italie 5 56/44 5,4
Royaume-Uni 2 50/50* 2,2
Pays nordiques 4 96/4 9,3
Japon 7 73/26 3,2
Fédération de Russie 2 35/65* 0,6
Brésil 14 65/35 4,0

 

* Les chiffres des pays avec de fortes importations de mélanges sont des estimations.

Par «pays nordiques», nous nous référons au Danemark, à la Finlande, à l’Islande, à la Norvège et à la Suède qui, ensemble, constituent environ 20 millions d’habitants présentant un profil de consommation similaire.

DIFFÉRENTS PROFILS DE CONSOMMATEURS

Les pays nordiques sont les plus grands consommateurs de café per capita dans le monde, avec presque 10 kg par an, quasi exclusivement de l’arabica. Les États-Unis représentent le plus vaste marché du monde, mais la consommation annuelle per capita est beaucoup plus basse. Elle a chuté durant les 30 ou 40 dernières années de 7 kg à 4 kg. Il faut relever que le Brésil est, par sa taille, le second marché du monde et possède une consommation per capita aussi élevée que celle des États-Unis.

Le robusta représente environ 24% de la consommation aux États-Unis et en Allemagne, alors qu’elle se situait à 13% en 1990. Dans certains pays, le robusta s’élève à 50% ou plus de la consommation.

LE PRIX DU CAFÉ

Le prix du café s’exprime habituellement en US$ par livre (lb) franco à bord (FOB, free on board), selon accord entre l’exportateur et l’importateur. L’évaluation dominante est le prix du contrat «C» pour une qualité minimale bien définie de café arabica négociée au New York Board of Trade (NYBOT).

D’autres références communes sont le prix pour les contrats de café robusta standard négociés au London International Financial Futures and Options Exchange (LIFFE) et le prix composite indicatif de l’Organisation internationale du café (OIC) fondé sur un panier de quatre types de cafés calculé par l’OIC.

Les prix ont varié considérablement dans les années 1990, alors que le prix pour le contrat «C» était en moyenne deux fois plus élevé qu’aujourd’hui. Le 29 avril 2004, les trois prix de référence étaient :

  • NYBOT – 70,10 US cents/lb FOB (arabica)
  • LIFFE – 32,75 US cents/lb FOB (robusta)
  • OIC – 58,18 US cents/lb FOB (panier de quatre cafés)

Pendant plusieurs années, les organisations en faveur du commerce équitable ont utilisé le prix minimal de US$ 1,26 la livre pour l’arabica actuellement négocié à US$ 0,70. Les cultivateurs sont traditionnellement payés entre 60% et 70% du prix FOB. Le pourcentage dépend de plusieurs facteurs, dont la propriété des installations de transformation, les services fournis par d’autres et les mesures gouvernementales.

CONTRATS TYPES ET MARCHÉS À TERME

La majeure partie du commerce du café se fonde sur des contrats types de la Fédération européenne du café (ECF) et de l’association américaine Green Coffee Association (GCA). Le vendeur et l’acheteur doivent se mettre d’accord sur la quantité, la qualité, l’emballage, le transport, le prix et les conditions de paiement. Parallèlement à ce marché physique se tient un marché à terme, connu aussi comme bourse des marchandises ou marché terminal de gros.

L’objectif premier des marchés à terme est de transférer le risque de prix d’un produit de ceux qui ne veulent pas l’accepter (le vendeur ou l’acheteur ci-dessus, appelés opérateurs en couverture) à ceux qui l’acceptent moyennant une prime (les spéculateurs).

Les principaux marchés à terme pour le café sont le NYBOT, qui est une compagnie apparentée à la Coffee, Sugar and Cocoa Exchange (CSCE), pour l’arabica et le LIFFE pour le robusta. De plus petits marchés à terme pour le café se tiennent au Brésil, en France, en Inde et au Japon.

SOCIÉTÉS COMMERCIALES ET TORRÉFACTEURS

Cinq sociétés commerciales de café se partagent environ 40% du volume total des importations de café vert dans le monde. Il s’agit, par ordre alphabétique, de Dreyfus (France), EDF Man/Mercon (Royaume-Uni), Esteve (Brésil), Neumann (Allemagne), et VOLCAFE (Suisse).

Dix torréfacteurs se partagent quant eux 60% à 65% des ventes de cafés transformés, pour la plupart vendus sous des noms de marques. Les quatre plus grands sont, par ordre alphabétique: Kraft Foods (États-Unis); Nestlé (Suisse); Procter & Gamble (États-Unis); Sara Lee/DE (États-Unis/Pays-Bas).

Pour plus d’information, veuillez contacter Morten Scholer (scholer@intracen.org), Conseiller principal du CCI en développement de marché.

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